Selon les derniers chiffres, une vingtaine de personnes auraient été tuées dans l'assaut israélien contre la flottille en route pour Gaza. Certes, le simple fait de vouloir passer outre le blocus imposé par Israël constituait déjà une forme de provocation mais Israël n'aurait jamais dû agir de la sorte. La disproportion dans l'action dont l'État hébreu fait preuve est dangereuse, à la fois pour ses voisins mais surtout pour sa propre sécurité. La communauté internationale a condamné cette attaque, le Hamas appelle déjà à une nouvelle Intifada, la Turquie se montre très critique à l'égard de son voisin, parlant de conséquences "irréparables"...
On pourrait croire que la situation va dégénérer et pourtant, il y a de fortes chances qu'il n'en soit rien. Israël va subir quelques critiques, les États-Unis et l'Europe vont afficher leur effroi devant ce qui vient de se produire mais rien de concret ne sortira. De même qu'Obama s'est vu éconduit par Netanyahu au sujet du sort des territoires palestiniens, le président américain aura du mal aujourd'hui à infléchir la position de son principal allié dans la région.
Israël semble adopter aujourd'hui la stratégie du pire alors qu'il avait toutes les cartes en main pour apaiser les tensions. S'il avait laissé entrer dans Gaza les humanitaires, car c'est bien principalement d'humanitaires qu'était constitué la flottille, il aurait coupé l'herbe sous le pied de ses détracteurs en affichant une certaine clémence à l'égard d'un peuple isolé du reste du monde et qui vit dans une situation déplorable. En agissant de la sorte, il aurait sans nul doute obtenu l'appui des Européens et des Américains, appui précieux en ces temps de doute sur la menace nucléaire iranienne.
Israël s'isole, s'"extrémise", et menace de fait une sécurité régionale déjà fortement relative. Bien qu'il ait échoué au départ, l'espoir peut venir à nouveau d'Obama, à condition qu'il exerce une forte pression sur Israël, financière principalement, pour obtenir un partage des territoires satisfaisant pour les deux parties.
Israël ne cesse d'affirmer qu'il est menacé de destruction: que la communauté internationale s'engage à mettre des troupes dans la région pour protéger l'État hébreu et l'argument israélien n'aura plus de sens. Une paix est possible mais elle implique l'action de tous.