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mardi 14 février 2012
Israël / Iran : un jeu de poker menteur ?
mercredi 21 septembre 2011
Président Obama, entrez dans l'Histoire!
L'année 2011 aura clairement été celle du Monde arabe. Le Printemps arabe a bouleversé des puissances considérées comme inébranlables il y a encore peu de temps avec leurs régimes quasi dictatoriaux. La Tunisie, l’Égypte et bientôt la Libye peuvent désormais se penser comme de futurs espaces de liberté, même si un tel bouleversement prendra du temps et ne se fera pas sans heurts. La Syrie connaît de nombreux troubles, bien que l'on manque considérablement d'informations fiables pour entreprendre une prospective réelle. Et même Israël, souvent considéré comme "à part" dans la région, a connu un été très sensible avec une série de manifestations pour dénoncer les inégalités toujours plus croissantes que connaissent les Israéliens, en particulier en matière d'accès au logement et au sujet des aides étatiques pour les colons. En d'autres termes, le Proche et Moyen-Orient est à un tournant qu'il convient d'accompagner, ce qu'a fait avec plus ou moins de succès et de diplomatie le Président Sarkozy.
Président Obama, vous aviez pourtant suscité de vifs espoirs avec votre discours du Caire et vos récentes allusions sur la nécessité d'un État palestinien. Peu de temps après la mort de Ben Laden, vous aviez même parlé d'un État palestinien sur les frontières de 1967, provoquant une forte réprobation d'Israël ainsi qu'une partie de vos représentants au Congrès qui critiquaient le timing d'une telle déclaration. Il est évident que la situation est complexe pour vous, eu égard aux liens qui unissent les États-Unis avec Israël tant aux niveaux historique qu'économique et à la forte communauté juive présente aux États-Unis dont le poids électoral est évidemment certain pour votre parti. Il suffit de rappeler la menace du Congrès à l'encontre de l'Autorité palestinienne la semaine dernière de geler une aide de cinq cent millions de dollars en cas de demande de reconnaissance d'un État à l'ONU.
Mais il vous incombe, en tant que président de la première puissance mondiale, de penser sur le long terme et à une échelle beaucoup plus large que celle -réductrice- visant à satisfaire le refus de changement de certains. Dans tous les cas, vous n'avez rien à perdre! L'enthousiasme, sans doute excessif, de votre élection a laissé rapidement place à la dure réalité de l'action politique, faite de compromis et de confrontations avec des tendances qui parfois ne dépendent pas de vous. La crise économique a remis en cause une bonne partie de vos projets, l'assurance maladie que vous avez portée avec Ted Kennedy est vidée en grande partie de sa substance de par les coupes budgétaires qui augmentent toujours plus. Que dire enfin de votre politique étrangère, où à bien des égards vous avez été absent ou suiveur! Vous avez délaissé l'Europe au lieu de l'aider à être un allié de taille dans un monde en pleine mutation, et surtout votre bilan concernant le continent africain est proche du vide absolu, alors que tant d'espoirs étaient mis en vous.
Certes une élection se profile pour vous, avec la volonté évidente -et compréhensible- de vous faire réélire. De nombreux spécialistes évoquent toujours le second mandat comme plus utile pour entreprendre de vastes chantiers à l'international. Mais premièrement, il n'est pas sûr que vous soyez réélu en raison de votre bilan fort discutable, et deuxièmement, c'est maintenant que doit se décider l'avenir de la Palestine et d'Israël. Je vous rejoins totalement sur le fait que la reconnaissance seule de l’État palestinien ne saurait être gage de paix et de sécurité et que c'est un processus qui se réalisera sur plusieurs années, au minimum. Mais il s'agit d'une première étape irréfragable pour qui aspire à la paix dans cette région si conflictuelle.
Il ne vous est pas demandé de satisfaire les demandes d'un camp ou de l'autre, mais bien de parvenir à un compromis susceptible d'être validé par les deux protagonistes. Les problèmes sont nombreux, à commencer par la délimitation des frontières du nouvel État envisagé, mais également l'accès aux ressources hydrauliques, et la viabilité économique d'un État palestinien dont des pans entiers de l'économie sont à reconstruire, voire à penser.
Les adversaires sont nombreux, à commencer par le Premier Ministre israélien Benjamin Netanyahu, mais dont la puissance réelle est souvent sur-estimée, ses difficultés gouvernementales le montrant aisément. Il y a également le Hamas, qui mise sur un échec de la tentative du Fatah de Monsieur Abbas, pour asseoir toujours plus son autorité, mais négligeant l'intérêt général du peuple.
Monsieur Obama, vous avez la chance d'avoir un interlocuteur courageux en la personne de Mahmoud Abbas. Si vous persistez dans votre souhait d'apposer votre veto à la demande de l'Autorité palestinienne, l'image des États-Unis en sera fortement dégradée. Tous vos efforts pour faire oublier l'ancienne Administration seront en partie remis en cause. Vous avez été absent des révolutions arabes; il est de votre devoir d'agir pour la paix au Proche et Moyen-Orient.
Il est temps pour vous de montrer l'influence américaine sur la scène internationale, sans pour autant faire d'Israël votre ennemi, mais en pensant à la stabilité politique et sécuritaire de la région. Certes, en agissant ainsi, vous acceptez de plonger vers l'inconnu avec toujours plus de difficultés à résoudre, mais l'énergie, le courage et les ressources que vous devrez mobiliser en vaillent la peine.
Vous avez les cartes en main pour entrer dans l'Histoire Monsieur le Président, comme un homme de paix. Ne laissez pas passer cette occasion.
vendredi 5 août 2011
Israël, l'été du tournant?
vendredi 20 mai 2011
Obama, le discours de la paix et Israël
Hier, le Président américain a prononcé un discours au Département d’Etat sur la situation dans les Pays arabes, qui fera sans nul doute date. Le choix de la date n'est pas anodin, le Président Obama devant rencontrer aujourd'hui le Premier ministre israélien Nétanyahou. Le conflit israélo-palestinien occupe une place majeure dans le discours de par la proposition phare que défend Obama, à savoir la création d'un Etat palestinien sur la base des frontières de 1967. Il est certain qu'Obama savait que sa proposition ferait l'effet d'une bombe et serait abondamment commentée par les médias et les autorités israéliennes et palestiniennes. Comment comprendre cet acte politique?
Certes, avec l'assassinat de Ben Laden, Obama a retrouvé un peu de sa splendeur, parvenant à faire oublier pour un temps une situation économique complexe et fragile et une politique extérieure brouillonne avec le conflit afghan toujours plus enlisé. Mais le cas d'Israël est unique et spécifique. L'histoire américaine montre qu'on ne négocie pas -malheureusement- avec Israël comme l'on négocie avec d'autres puissances. Israël possède de très nombreux soutiens aux Etats-Unis qui font pression de façon ouverte sur l'Administration pour qu'elle fournisse un soutien inconditionnel à Tel Aviv. Cela s'est déjà vu sous la présidence Obama, qui n'a pu imposer ses vues à Netanyahou malgré la mauvaise passe que ce dernier connaissait avec sa coalition marquée à droite.
La réaction au discours d'Obama ne s'est pas faite attendre, Israël refusant catégoriquement la proposition américaine bien que celle-ci ait mis les formes en réaffirmant son soutien à la légitimation de l'Etat d'Israël. Faut-il donc y voir une faute politique de la part d'Obama? Sans pour autant répondre par l'affirmative, soulignons deux points: Obama n'a parlé d'aucun moyen de pression pour infléchir la position d'Israël. En d'autres termes, "je parle mais sans avoir les capacités d'être écouté". Deuxièmement, Obama a agi trop tôt. L'histoire montre que les Présidents américains qui font deux mandats consacrent le second aux grandes causes et problématiques internationales car ils n'ont plus rien à perdre et souhaitent rentrer dans l'Histoire. En attendant 2012-2013, Obama se donnait les chances d'agir efficacement avec moins de pression. Il s'agit donc bien d'un coup d'épée dans l'eau.
Nous verrons demain que le discours d'Obama ne se cantonne pas au conflit israélo-palestinien, mais qu'il définit, même partiellement, la position des Etats-Unis vis à vis du "bloc arabe" et la politique qu'il convient de mener.
lundi 4 avril 2011
Gaza et le rapport Goldstone: un triste revirement de situation
Le rapport Goldstone n'est plus. Décrié de façon virulente par Israël pour son contenu et ses accusations de "crimes contre l'humanité" envers les Palestiniens de Gaza (des accusations similaires étaient également portées contre le Hamas), le rapport du nom du procureur sud-africain va désormais se perdre dans les oubliettes de l'histoire. En effet, son rapporteur, dans une tribune parue dans le Washington Post, est revenu sur ses écrits, précisant qu'il n'avait pas eu connaissance de certains faits lors de l'enquête. Remarque plus qu'étrange lorsqu'on sait la rétension d'informations qu'a opérée Israël lors de la Commission d'enquête. Bref retour sur l'histoire d'un assourdissant et coupable drame, aussi bien humain que moral.
Lors de l'hiver 2008-2009 et suite à des tirs de roquettes du Hamas sur le territoire israélien, Tsahal procède à des raids et bombardements aériens suivis par une offensive terrestre pour mettre un terme à ces accrochages meurtriers. Ce n'est pas la première fois que des conflits de faible durée (moins de deux mois) se produisent entre le territoire de l'Autorité Palestinienne et Israël, mais celui-ci est clairement spécifique de par sa brutalité et sa disproportion liée au nombre de victimes. En effet, plus de 1400 Palestiniens, des civils dans leur très grande majorité, ont péri lors de l'opération "Plomb durci" contre moins d'une vingtaine de soldats israéliens.
Sans pour autant refuser à Israël son droit à se défendre, la communauté internationale dans son ensemble, à l'exception entre autres des USA, a critiqué ouvertement l'opération militaire israélienne et a demandé à l'ONU une commission d'enquête pour répondre à de nombreuses questions, comme les raisons justifiant le bombardement de bâtiments abritant des ONG internationales et des services médicaux. C'est à un juge sud-africain de grande renommée, Monsieur Goldstone, juif et ouvertement sioniste, qu'a été confiée cette tâche. On pensait de façon malheureusement censée que ce rapport n'apporterait rien de nouveau, qu'il ne se contenterait que de rappeler ce que chacun savait déjà et qu'il ne se risquerait pas à établir de façon claire les responsabilités.
Il n'en a rien été. Le rapport, lors de sa parution quelques mois après les événements, a fait l'effet d'une bombe. L'utilisation du terme "crime contre l'humanité" a provoqué la colère d'Israël aussi bien pour l'ampleur de ce qui lui est reproché que son histoire douloureuse, liée à ce concept. On a accusé à tort Goldstone de partialité alors que dans le même rapport, le Hamas est pointé du doigt pour des faits de la même gravité. Toujours est-il qu'une véritable "course contre la montre médiatique" s'est mise en place, le gouvernement et une partie de la presse israélienne attaquant frontalement le rapport et son rapporteur, accusé de servir des intérêts arabes!
Il est vrai que l'enjeu était considérable: si l'accusation était maintenue et validée, Israël pouvait être en théorie poursuivi par un Tribunal pénal international pour les exactions commises. Présenté comme l'avant-poste des démocraties occidentales au Moyen-Orient, il serait devenu un Etat parmi tant d'autres peu recommandables. Mais la volte-face du juge lui a sauvé la mise. Une fois de plus Israël ne répondra pas de ses actes: encore une fois, ce n'est pas le fait de se défendre que l'on dénie à Israël mais bien la disproportion et l'aveuglement dont il fait preuve lors de ses représailles. Ce n'est pas parce que des meutriers lâches du Hamas font un attentat tuant des civils qu'Israël doit faire de même en se prenant à ces derniers.
Au contraire, si Israël veut réellement incarner les valeurs de démocratie et être une "grande puissance", au sens philosophique et moral du terme, il ne devrait s'en prendre qu'aux commanditaires et non pas aux populations, otages de ce conflit. Israël a les moyens d'affaiblir la frange ultra du Hamas et d'infliger des dommages conséquents au Hezbollah. A lui de montrer son efficacité avec le souci de répondre de façon proportionnée et juste.
lundi 8 novembre 2010
Le non-sens israélien
lundi 21 juin 2010
Gaza et le premier pas d'Israël
lundi 31 mai 2010
L'erreur israélienne
Selon les derniers chiffres, une vingtaine de personnes auraient été tuées dans l'assaut israélien contre la flottille en route pour Gaza. Certes, le simple fait de vouloir passer outre le blocus imposé par Israël constituait déjà une forme de provocation mais Israël n'aurait jamais dû agir de la sorte. La disproportion dans l'action dont l'État hébreu fait preuve est dangereuse, à la fois pour ses voisins mais surtout pour sa propre sécurité. La communauté internationale a condamné cette attaque, le Hamas appelle déjà à une nouvelle Intifada, la Turquie se montre très critique à l'égard de son voisin, parlant de conséquences "irréparables"...
On pourrait croire que la situation va dégénérer et pourtant, il y a de fortes chances qu'il n'en soit rien. Israël va subir quelques critiques, les États-Unis et l'Europe vont afficher leur effroi devant ce qui vient de se produire mais rien de concret ne sortira. De même qu'Obama s'est vu éconduit par Netanyahu au sujet du sort des territoires palestiniens, le président américain aura du mal aujourd'hui à infléchir la position de son principal allié dans la région.
Israël semble adopter aujourd'hui la stratégie du pire alors qu'il avait toutes les cartes en main pour apaiser les tensions. S'il avait laissé entrer dans Gaza les humanitaires, car c'est bien principalement d'humanitaires qu'était constitué la flottille, il aurait coupé l'herbe sous le pied de ses détracteurs en affichant une certaine clémence à l'égard d'un peuple isolé du reste du monde et qui vit dans une situation déplorable. En agissant de la sorte, il aurait sans nul doute obtenu l'appui des Européens et des Américains, appui précieux en ces temps de doute sur la menace nucléaire iranienne.
Israël s'isole, s'"extrémise", et menace de fait une sécurité régionale déjà fortement relative. Bien qu'il ait échoué au départ, l'espoir peut venir à nouveau d'Obama, à condition qu'il exerce une forte pression sur Israël, financière principalement, pour obtenir un partage des territoires satisfaisant pour les deux parties.
Israël ne cesse d'affirmer qu'il est menacé de destruction: que la communauté internationale s'engage à mettre des troupes dans la région pour protéger l'État hébreu et l'argument israélien n'aura plus de sens. Une paix est possible mais elle implique l'action de tous.