Bonjour à tous,
Je vous tout d'abord présente avec un grand retard, ces derniers mois ayant été plus que chargés, mes meilleurs voeux pour cette année 2011. Je ferai tout pour être plus régulier dans mes chroniques, du moins j'essayerai...
Toujours est-il que ce début d'année a été marqué par "la révolution du jasmin" en Tunisie et par les multiples révoltes qui secouent actuellement l'Egypte, sans que l'on puisse déterminer s'il s'agit d'une révolution ou non. Je ne reviendrai pas sur le factuel, qui commence à être connu de tout un chacun. Quelques remarques s'imposent cependant.
Loin d'une soudaine aspiration à la démocratie, ces graves crises trouvent leur origine dans les conséquences de la crise financière de 2008 qui a fragilisé des équilibres déjà plus que précaires. En effet, ce sont avant tout des "aspirations primaires" qui ont prévalu: se nourrir, se soigner, travailler... Les gouvernements de Ben Ali & Moubarak ayant montré leur impuissance devant ces problèmes, la population désespérée a manifesté malgré les répressions sanglantes.
Le mouvement de masse a si bien pris que Ben Ali, le dictateur tunisien, a été contraint de fuir. Hier meilleur ami des occidentaux, il est aujourd'hui infréquentable et sous le coup d'un mandat d'arrêt international. Soulignons à cet égard le piètre niveau de la diplomatie française dont la vision de la situation tunisienne, à défaut d'être réfléchie, était surtout caricaturale et en retard constamment. En revanche, il sera intéressant dans les mois à venir de préciser le rôle des Etats-Unis, discrets mais efficaces.
La situation est différente pour l'Egypte, pays géostratégique fondamental pour le Moyen-Orient et surtout pour Israël. Ce dernier craint d'ailleurs l'arrivée des Frères musulmans au pouvoir et l'islamisation et la radicalisation forcées du pays. Outre le fait qu'une telle situation est peu probable, la méfiance affichée par Israël et bon nombre de ses soutiens en Europe peut surprendre. En effet, ces pays se cherchent un modèle démocratique. Ils en sont capables mais il faut leur afficher notre soutien, ce que peu de pays osent actuellement, par peur d'un retournement de situation ou de l'émergence d'une force démocratique (dans le cas égyptien), à même de discuter d'égal à égal avec Israël.
Région conflictuelle et meurtrière, le Moyen-Orient ne va pas toutefois s'embraser d'un seul coup, comme certains commentateurs l'ont affirmé. Des modifications auront lieu, des changements de tête (mais pas de régime), des ajustements économiques pour calmer les populations, vont se produire, mais les grands équilibres devraient demeurer, bien que la prospective soit plus que délicate à faire pour cette région.
Le monde début 2011 a également été marqué par les catastrophes naturelles qui ont secoué et qui secouent encore l'Australie, preuve supplémentaire d'un dérèglement climatique avéré avec les conséquences humaines et économiques que l'on peut facilement imaginer. D'autres moins médiatisées ont aussi eu lieu, en Chine principalement.
2011 sera une année de transition, en attendant les élections présidentielles américaine et française de 2012. Elle permettra de voir si les effets de la crise sont en fin de compte derrière ou devant nous. Les équilibres des puissances mondiales devraient davantage être confirmés que bouleversés, avec une Europe en proie aux doutes, des Etats-Unis en perte leadership et embourbés en Afghanistan, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) qui consolident leur nouveau statut et l'Afrique qui oscille entre un développement économique fort mais inégal et des crises politiques qui font entrevoir au continent ses vieux démons (Soudan, Tchad, Côte d'Ivoire...).
Le terrorisme va, selon toute vraisemblance, demeurer la principale menace à l'échelle planétaire, les groupes terroristes procédant à une véritable radicalisation dans leurs pratiques meurtrières. Aux puissances de ne pas tomber dans l'engrenage de la surenchère et de neutraliser dans la discrétion ces menaces de la liberté.
Souhaitons, de façon pieuse malheureusement, que cette année puisse apporter son lot de bonnes nouvelles.
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