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lundi 14 mars 2011

Le drame japonais

Vendredi dernier, le Japon a connu un séisme de magnitude 8.9 sur l'échelle de Richter. De ce séisme a suivi un tsunami avec des vagues atteignant plus de 17 mètres de hauteur et balayant tout sur leur passage. Le bilan humain est difficilement quantifiable pour l'instant: d'un millier de morts, on peut légitimement penser que le bilan sera bien supérieur, sans doute pire que le séisme de Kobé. Outre le drame humain, il convient de souligner que cette catastrophe a des répercussions néfastes à tous les niveaux: économie, infrastructures, systèmes financiers sont déjà affectés et des conséquences humaines sont d'ailleurs plus que probables. En témoigne les premières craintes concernant les centrales nucléaires qui ont été endommagées de façon plus ou moins graves. On ne peut pour le moment que procéder par conjectures mais force est de constater que le pire est devant le peuple japonais.
Le pays saura se relever. Les grandes catastrophes précèdent bien souvent un essor économique pour de nombreux pays qui monopolisent la population pour reconstruire les infrastructures, remettant ainsi en fonctionnement la "machine bloquée". Mais deux idées viennent assombrir le tableau: ce désastre restera pour des années un drame psychologique pour les Japonais. Mais surtout, sans verser dans une idéologie pro-nature, il convient de noter que ce drame nous pousse nécessairement à nous interroger quant à la valeur et au sens de notre existence.
Nous faisons ici appel à la philosophie et à l'histoire. Au nom des principes de "consommation", du "besoin de toujours plus", nous avons été amenés à aller au delà de ce qui nous était possible. En acceptant cette spirale qui crée un risque d'annihilation de l'espèce humaine réel, nous remettons en cause notre condition d'homme et la catastrophe présente nous rappelle notre insignifiance à l'échelle de la planète.
Il est à peu près certain qu'un débat aura lieu, au moins en France, en Allemagne et au Japon, concernant la technologie nucléaire. Il sera sans doute mal posé, car il provoque une gêne indirecte auprès de nous: sommes-nous près à renoncer à notre mode de vie? Rien n'est moins sûr.
Rappelons enfin que la caractéristique philosophique du nucléaire est qu'il apose les conséquences des erreurs d'aujourd'hui sur les générations de demain. Quid de la responsabilité de l'homme? En prenant des décisions qui engagent sur des centaines d'années, ne sommes-nous pas en train de remettre en cause la liberté d'autrui et de ceux qui nous suivront?
Pour l'heure, pensons à ce pays qui souffre et dont le courage et le calme de son peuple sont à méditer.

mercredi 2 juin 2010

Crise politique au Japon

C'est un espoir déçu que vient de connaître le Japon. Au pouvoir pendant plus de cinquante ans, le Parti libéral-démocrate avait laissé place l'an dernier au Parti démocrate (PDJ) de Monsieur Yukio Hatoyama. Ce dernier avait axé sa campagne sur la relance de l'économie du pays par un ensemble de réformes ambitieuses, visant aussi bien à rendre plus efficace et moins coûteuse différents organismes comme la poste qu'à présenter des mesures pour le travail des jeunes diplômés et des séniors. 

La tâche était dure, trop dure pour le premier ministre Hatoyama qui a présenté sa démission ce matin devant les députés de son parti. Il n'aura tenu que 8 mois à son poste, et devient de ce fait le quatrième premier ministre à démissionner avant la première année de son mandat. 

Les scandales liés au financement occulte de campagne, l'absence de résultats concrets pour redresser l'économie du pays, la perte de confiance de la population dans leurs dirigeants, auront eu raison de lui. Le point culminant de son échec aura été la gestion, plus que discutable, de la base militaire américaine située sur l'île d'Okinawa: Hatoyama a préféré céder devant les pressions américaines et renoncer ainsi à une promesse de campagne,en laissant la base à sa place malgré les contraintes qu'elle pose à la population locale.

Tout espoir est-il perdu? Sans doute pas. En démissionnant, Hatoyama donne une seconde et dernière chance à son parti de réformer le pays. En effet, le PDJ va devoir se choisir un nouveau chef qui aura la lourde tâche d'éviter une bérézina aux élections sénatoriales qui auront lieu dans quelques semaines. 

Le Japon, avec une Chine toujours plus puissante et soucieuse d'asseoir son influence régionale, ne peut se permettre une nouvelle instabilité politique. il en va désormais de son rôle de grande puissance économique...