L'information est relayée comme une traînée de poudre: hier matin, les Nord-coréens ont procédé à des tirs d'obus en direction de l''île de Yeonpyeong, une île revendiquée par les deux Corée, causant la mort d'au minimum quatre personnes et provoquant de vastes dégâts matériels.
Ce n'est pas la première fois que des affrontements ont lieu entre les Corée du Nord et du Sud: déjà en mars dernier, un navire sud-coréen avait été coulé avec son équipage, la responsabilité en incombant à la Corée du Nord selon plusieurs sources concordantes, bien que celle-ci démente officiellement.
Néanmoins, ce dernier acte revêt un caractère particulier et doit être apprécié en relation avec la récente visite d'un scientifique américain à Pyongyang. Ce dernier a rapporté, et les médias en ont fait leurs choux gras, que la Corée du Nord possède des installations perfectionnées et que des centaines de centrifugeuses fonctionnent, leur objectif ultime étant de fournir les composants nécessaires à l'élaboration d'une bombe nucléaire.
Comme on pouvait s'y attendre, les protestations ne se sont pas faites attendre: de la Corée du Sud à l'Europe, en passant par les Etats-Unis et l'ONU, tous ont condamné la provocation nord-coréenne, tombant par la même occasion dans le piège tendu par Pyongyang.
En effet, une reprise des négociations de paix était programmée prochainement et il semble clair que la Corée du Nord recherche tout sauf la paix. Il faut bien comprendre que ce pays totalitaire est à bout de souffle et qu'il ne perdure que parce que le pouvoir en place maintient le pays au secret et procède à de profondes purges pour éviter toute dissension. Et ce d'autant plus que Kim Jong Il, le leader actuel, est en train de laisser les reines du pouvoir à son fils cadet, Kim Jong-un...
Une carte est à jouer dans ce conflit, mais en aucun cas celle avancée actuellement, à savoir des manœuvres militaires coordonnées par Séoul et Washington. Une telle action ne peut que renforcer la rhétorique nord-coréenne!
Certes, une réaction est nécessaire, mais elle doit être réfléchie et oeuvrer à la fin de cette réalité byzantine.
Multiplier les signes d'apaisement, mettre en oeuvre des moyens pour toucher directement la population, qui vit aujourd'hui sous le coup de la famine... Mais également répondre coup par coup aux attaques nord-coréennes, sans les revendiquer, à l'instar de Pyongyang, pour semer le trouble.
La Corée du Nord est clairement à un tournant. Cependant, on peut légitimement se demander si les adversaires / alliés de cet état totalitaire aspirent véritablement à une résolution du conflit. En effet, sans trop s'avancer, il semble quasi sûr que ni la Chine, ni la Corée du Sud n'accepteront d'accueillir les milliers de nord-coréens qui fuiront leur pays, en quête d'une vie meilleure.
Cette question géopolitique comporte beaucoup trop de faux-semblants, barrières irréfragables d'un futur apaisé.
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