Le "Tigre celtique" n'est plus... A l'image des "dragons asiatiques", pays du Sud-Est asiatiques caractérisés par une croissance économique et un développement très rapides, l'Irlande a connu une période faste qui a débuté dans les années 90 mais qui vient de s'achever brutalement.
Ce pays, symbole il y a encore quelques années d'attractivité et de dynamisme se voit aujourd'hui dans la nécessité d'accepter l'aide de l'Union européenne, mais également du FMI qui en général, assiste davantage les pays pauvres ou au bord de la faillite. Près de 85 milliards d'euros vont ainsi être distribués principalement aux banques irlandaises pour combler les déficits abyssaux accumulés en raison de placements plus que douteux, subprimes en tête.
En échange, l'Irlande vient de s'engager sur un plan de rigueur de près de 15 milliards d'euros qui devrai s'étaler sur quatre ans. Les deux tiers de ces économies devraient correspondre à des coupes budgétaires, le tiers restant à une hausse de la fiscalité. En revanche, refus catégorique de Dublin d'augmenter sa taxe sur les sociétés (fixée à 12.5%), l'une des plus basses d'Europe et qui permet à l'Irlande d'attirer de nombreuses sociétés, à l'image de Google.
Plusieurs remarques s'imposent:
1. Cette implosion du système irlandais, après celle du système grec, montre que l'orthodoxie en matière d'économie est désormais indispensable. En effet, le pouvoir des agences de notation s'est affirmé, tant et si bien qu'une note dégradée affaiblit le jour même la bourse de l'état concerné.
2. L'Europe se doit désormais d'avoir, outre une politique monétaire commune, une politique économique commune. On ne peut plus se permettre d'avoir des états qui faussent les règles, au nom de la souveraineté nationale, pour engranger des bénéfices, alors que d'autres, à l'instar de l'Allemagne ou des pays du Nord s'emploient à assainir leur économie. Indirectement, et de façon assez ironique, les agences de notation forcent l'Europe à s'interroger sur le sens et la réalité de son unité économique.
3. La façon dont l'Irlande agit est assez scandaleuse mais également "compréhensible", les guillemets étant ici plus que nécessaires. Son refus de relever la taxe pour les sociétés témoigne d'un égoïsme certain et d'un manque de considération total envers l'Europe et ses institutions. Mais peut-on vraiment faire des reproches à un état qui s'était opposé à l'Europe en 2008 et dont on a fait revoter le peuple afin qu'il approuve un traité? Le sentiment européen, au départ fort, est aujourd'hui proche du néant en Irlande. Au lieu de représenter l'espoir, l'Europe suscite désormais le mépris et la colère et les malheurs des peuples lui sont aujourd'hui imputés. Il suffit de lire les pancartes des manifestants...
Pour conclure, la crise irlandaise, de la même façon que l'a été la grecque, est un avertissement à l'égard d'une Europe qui doit s'affirmer au lieu de n'être qu'un pompier aux ordres des agences de notation et qui a la charge de corriger les erreurs des états peu sérieux.
Reste à savoir si la poudrière des états défaillants va s'arrêter. On peut légitimement en douter au vu des dernières informations concernant le Portugal et même l'Espagne. C'est tout un pan de l'Europe qui serait ainsi touché et qui pourrait, comme un château de cartes, affaiblir considérablement cette belle entité qu'est pourtant l'Union européenne.
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