jeudi 14 avril 2011

Les Italiens, l'Italie et Berlusconi

Bien qu'un des piliers de la Construction européenne, l'Italie s'est refermée sur elle-même depuis de nombreuses années, en raison d'une corruption qui a gangréné tous les niveaux de l'économie ainsi que la classe politique. Celle-ci, incarnée à l'extrême par Silvio Berlusconi, montre chaque jour un peu plus son incapacité à résoudre les difficultés du pays tout en affichant sa volonté de s'auto-protéger et de conserver son statut de nantis.

Deux faits peuvent appuyer ce propos: une récente loi a revalorisé les salaires des députés ce qui n'est pas des plus intelligents et élégants en période de crise économique et une autre loi, validée hier par le Parlement, raccourcit les délais de prescription judiciaire pour des délits punis de moins de dix ans de prison. A première vue, le lien entre ce dernier acte et le pouvoir en place n'est guère évident, et pourtant, à y regarder de plus près, cette loi sera dans une certaine mesure bénéfique à Berlusconi, empêtré dans plusieurs affaires de corruption qui sont en instruction depuis des années. Les commentateurs politiques et les partis d'opposition ne s'y sont pas trompés, parlant d'une loi ad personam. Le Président du Conseil n'en est pas à sa première confrontation avec la Justice qu'il accuse de persécution à son encontre mais cette fois, un cap a été franchi. Berlusconi a été appuié par les parlementaires, et les opposants politiques sont quasi inaudibles. La voie au populisme est donc grande ouverte, le peuple pouvant clamer "tous pourris".

Toutefois, une forme de résignement semble s'être emparée du peuple italien qui ne débat plus et ne révolte plus. Certes des manifestations ont lieu, rythmées par les scandales sexuels du Président du Conseil, mais rien de plus. Aucune voix ne parvient à se faire entendre pour proposer une autre vision de l'avenir. Les médias sont très contrôlés et les rares qui se disent indépendants organisent des faux débats qui renforcent davantage les caricatures.

L'Italie doit s'atteler dans les meilleurs délais à vaincre ses démons, sous peine de décrocher encore un peu plus vis à vis des autres puissances européennes que sont la France et l'Allemagne. En maintenant le statu quo, Berlusconi prend le risque d'affaiblir encore plus le pays, qui n'est pas à l'abri d'un scénario à la grecque...



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