Via tous les moyens de communication moderne, sms, mails, vidéos postées sur Internet, le Président Barack Obama a annoncé hier sa candidature à un second mandat présidentiel. De façon sobre, il écrit à ses électeurs que "la campagne vient de démarrer" et que "2012 commence maintenant".
Le premier président noir entend donc ainsi reprendre la main, et d'une certaine façon se donner une seconde chance, après un premier mandat très mitigé. Certes, ce dernier n'est pas terminé mais le système électoral américain, marqué par des élections présidentielles tous les quatre ans, oblige les locataires de la Maison Blanche à agir très vite, sans penser au long terme, et surtout à consacrer la dernière année de leur mandat à leur réelection.
Le Président Obama est pour l'instant le seul à s'être déclaré. On peut s'interroger quant à la pertinence d'une telle annonce à un moment où la troisième puissance économique, le Japon, est très affaibli en raison d'une catastrophe naturelle et où les mondes arabe & africain sont en plein bouleversement. On peut y voir soit une faute politique ou une faute de goût, soit une volonté de montrer aux autres Etats que les Etats-Unis s'engagent sur la continuité de leur politique.
Cependant, il convient de noter que la politique d'Obama jusqu'à présent a surtout été marquée par une discontinuité majeure dans les décisions prises par l'Administration, cette dernière agissant au coup par coup ou revenant sur ses décisions.
Que penser de la prison de Guantanamo, toujours ouverte, alors qu'Obama s'était engagé dès le début de son mandat à mettre un terme aux violations des droits de l'homme qui y étaient commises?
Que penser de sa réforme de la santé, dont le financement semble toujours plus délicat et dont les prétentions ont été largement revues à la baisse?
Quel souvenir laissera le Président dans les livres d'histoire pour ce qui concerne les guerres en Irak et en Afghanistan?
Il est trop tôt pour juger l'action d'Obama. Tout au plus pouvons-nous espérer qu'un second mandat lui permettra d'acter véritablement ses décisions. Obama n'est pas seulement un devoir vis-à-vis des Américains; de par la puissance de son pays, il est responsable devant le monde.
Les différents bouleversements qui secouent actuellement le monde peuvent offrir une fenêtre de tir propice à l'émergence de politiques fondées sur le bien commun et la morale. Il peut s'agir d'une utopie mais l'Histoire a montré que cela était possible. Pour réussir, Obama ne devra pas agir seul mais au contraire inclure dans ses projets aussi bien les puissances occidentales "traditionnelles" que les "nouvelles puissances" que sont le Brésil, la Chine, la Russie et l'Afrique du Sud.
Le monde est prêt à un tournant, qui a déjà commencé avec la crise et les révolutions, aux Etats-Unis de ne pas louper le coche.
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