lundi 29 août 2011

Retour sur la crise économique et financière mondiale...

L'économie et la finance ne prennent jamais de vacances, encore plus lorsqu'elles sont en crise. L'été 2011 l'aura montré au dela de toute espérance.
Au début du mois d'août, les cours de la Bourse ont quasiment fait chaque jour la une des médias, les indices boursiers dévissant dangeureusement au point de laisser dire à certains que le krach de 1929 était devant nous. Sans doute faut-il rappeler qu'un pourcentage différent d'une minute à l'autre d'un indice équivaut à une perte de plusieurs milliards d'euros. Mais fallait-il pour autant tomber dans cette psychose qui s'est emparée des décideurs politiques, et par dessus tout des médias?

Certes, l'abaissement de la note américaine par l'agence Standart and Poor's est une très mauvaise nouvelle pour l'économie américaine - et mondiale-, mais le refus des autres agences de notation de suivre et le discours collectif et rassurant de l'Administration Obama ont en partie limité l'impact de ce qu'il faut bien appeler une "bombe médiatique". Pourtant, même si les agences de notation ne sont pas infaillibles, il conviendrait de prêter davantage attention à leurs rapports qui soulignent bien souvent ce que les politiques sont heureux d'ignorer. Ces derniers arguent généralement qu'ils pensent sur le long terme, sous-entendant que les agences sont focalisées sur l'instantané, ce qui n'est pas totalement faux. Mais d'un autre côté, pour mener à bien une politique ambitieuse sur plusieurs années, encore faut-il en avoir les moyens? Le déficit abyssal des USA est une plaie qui, à défaut de pouvoir être refermée, mériterait que l'on s'y intéresse réellement et que l'on tente de freiner son développement.

A une période où certains politiques français prônent la démondialisation, la crise financière a montré que les frontières de l'économie n'existaient plus ou plus précisément, que chacun est à l'affût du moindre écho envoyé par l'autre, entrant ainsi dans une spirale qui peut s'avérer néfaste. Les fortes baisses des bourses européennes en sont un bon exemple, le doute s'insinuant pour des entreprises considérées jusqu'à présent comme sûres. Qui plus est, la désinformation opérée par certains, très difficiles à identifier, a failli provoquer une catastrophe économique. C'est ainsi qu'un quotidien anglais a parlé d'une prochaine faillite de la banque française Société Générale, faisant perdre à cette dernière près d'un quart de sa valeur boursière en une journée. Comment une simple phrase parue dans un journal peut-elle à ce point bouleverser une institution aussi forte? A croire que l'économie marche sur la tête, ou que sa crainte de s'effondrer la dépasse...

La seule réponse à même de nous sortir de cette spirale consiste à restaurer la confiance, non pas seulement vis-à-vis des marchés, mais auprès des entrepreneurs et des citoyens, ceux-là mêmes qui font l'économie. Cela passera obligatoirement par une réduction des inégalités, sources de déséquilibres économiques et de mal-être. Certains prônent le changement de mode de vie, sans pour l'instant présenter un modèle complet et applicable. Au mieux avancent-ils des idées intéressantes mais qui ne pourraient être mises en place que pour une minorité d'Etats riches. Or, seules des solutions à l'échelle mondiale, tenant compte des spécificités de chacun, pourraient être considérées commes sérieuses.

Il y a urgence : les atermoiements des décideurs politiques européens à agir ensemble et de façon ambitieuse ont rendu l'Europe encore plus vulnérable aux attaques des spéculateurs qui misent sur son éclatement. Pourtant, personne n'aurait intérêt à une telle situation, pas même les USA ou la Chine. En effet, le propre de cette crise est qu'elle affecte toute l'économie mondiale et que les défauts de l'un se répercutent sur les forces de l'autre.
Toutefois, en dépit de soubresauts plus ou moins conséquents, l'économie mondiale résiste. Les différents plans de rigueur commencent à être mis en place. Souhaitons qu'ils permettent d'assainir durablement les finances des Etats et de réfreiner les ardeurs des spéculateurs.

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