Les hommes politiques, aussi talentueux soient-ils, sont condamnés au cours de leur mandat à trouver des parades pour mettre en adéquation leurs promesses électorales avec la réalité de la situation économique. Aucun y échappe, pas même le Président Obama. Il faut dire qu’il n’est pas aidé, l’opposition républicaine montant en efficacité et la crise financière et économique étant loin d’être résorbée.
Mais l’heure est aux choix et aux actions. Les Etats-Unis vivent depuis des années au dessus de leurs moyens, multipliant les crédits avec la croyance que le système perdurera pour éviter une faillite de l’Etat. Avec un déficit budgétaire égal à 10% du PIB actuellement, on peut légitimement s’interroger quant aux marges de manœuvres des autorités. Le problème est d’autant plus grave et délicat que la financiarisation de tous les échanges, y compris des dettes, crée une dépendance des Etats-Unis à l’égard de la Chine principalement qui aide pour l’instant son partenaire de raison, en attendant de faire du chantage.
Outre ces questions financières, les Etats-Unis sont engagés dans des conflits militaires extrêmement coûteux (Afghanistan & Irak), les fonds ainsi alloués n’étant pas utilisés pour relancer l’industrie civile, et indirectement la croissance. Enfin, malgré ces limites à la bonne vitalité de l’économie, le Président Obama a tenu à faire passer sa réforme de la santé. Bien que fortement édulcorée, celle-ci va avoir un coût colossal aussi bien pour les contribuables que pour l’Administration. Le mystère demeure quant à son réel financement.
Obama semble pourtant vouloir attaquer le problème de front, quitte à être un peu idéaliste. Il a annoncé mercredi dernier sa volonté de réduire le déficit budgétaire de 4000 milliards de dollars sur douze ans. La démesure de la somme empêche toute évaluation rationnelle. Il est en tout cas quasi certain que pour arriver à un tel résultat, Obama va devoir mécontenter les Républicains ce qui était prévisible, mais également son camp où s’affrontent les courants de gauche et de droite, les premiers souhaitant préserver les fonds alloués à la santé en augmentant les taxes, les seconds étant disposés à réduire les ambitions des programmes d’Obama pour ne pas voir de nouveaux impôts.
Le Président Obama ne doit pas s’abaisser à des petits calculs politiciens. Certes, il doit s’assurer une majorité dans les deux chambres pour faire accepter son budget, mais il doit avant tout concevoir ce dernier dans l’intérêt de la nation. La couverture médicale pour les plus défavorisés est une nécessité, gage d’un pays développé. Sans pour autant augmenter de façon disproportionnée les impôts, ce qui à court terme freinerait une croissance déjà fragile, une solution possible consisterait à taxer davantage les très hauts revenus, ou à inciter les plus riches à investir dans l’économie au lieu de spéculer de façon abusive sur leur propre richesse. La lutte contre les inégalités et les disparités est un devoir dans un pays à l’image des autres états de la planète, avec des riches toujours plus riches et des pauvres toujours plus pauvres. N’oublions pas qu’une société se maintient principalement grâce à sa classe moyenne.