lundi 5 septembre 2011

Et si l’élection présidentielle -française- se jouait sur l’international?

Il est de coutume de dire que la mise en avant de la politique extérieure n’est pas très vendeuse lors d’une campagne présidentielle. Celle de 1995 fut marquée par la “fracture sociale”, celle de 2002 par la sécurité et enfin celle de 2007 par le travail et le slogan du candidat Sarkozy “travailler plus pour gagner plus”, avec le résultat que l’on connait. A moins d’un an de l’élection présidentielle, les médias et surtout les conseillers en communication des candidats s’échinent à trouver LE thème qui cristallisera la campagne. On assiste pour l’instant à des tentatives diverses et souvent éphémères, allant de la sécurité à l’éducation, en passant par l’idée de réduire les déficits, idée aussi nécessaire qu’ancienne et peu appliquée. La politique extérieure de la France, très riche et complexe sous la présidence Sarkozy, a de fortes chances de constituer l’un des thèmes majeurs de la présidentielle. Voyons dans quelle mesure elle influencera cette dernière.

Sans prendre de parti pris, il est clair que le bilan de Nicolas Sarkozy est très mitigé au niveau intérieur. Les promesses de 2007 n’ont pas été tenues, la crise de 2008 et ses répercussions sur le long terme ayant achevé une politique aux résultats faibles, voire négatifs. La hausse du chômage, les réformes en demi-teinte (Grenelle, retraites…) laissent au quinquennat un goût d’inachevé. Le Président Sarkozy a cependant eu la présence d’esprit de ne pas se focaliser exclusivement sur la politique interne et de tenter de se rattraper sur la politique extérieure, comme tous ses prédécesseurs d’ailleurs. Ces derniers avaient profité d’un rebond de popularité, ce qui n’a pas ou peu été le cas pour le Président Sarkozy.

Pourtant, il convient de souligner qu’à défaut d’être réellement efficace, la diplomatie française a été particulièrement active depuis 2007, le Président Sarkozy s’impliquant personnellement au point d’éclipser ses différents ministres des affaires étrangères. Contrairement aux autres médias européens, les médias français lui ont donné un satisfécit lors de la présidence française de l’Union européenne, où son énergie a permis d’accélérer les processus de décision et de relancer la machine européenne. De même, en forçant un peu la main de ses partenaires, il a réussi à organiser plusieurs conférences internationales (G7, G8…), donnant une visibilité certaine à la France. Enfin, beaucoup attribuent –à tort ou à raison- le succès en Libye au Président français, à un moment où le doute s’accentue concernant le sens de la présence française en Afghanistan.

Néanmoins, le Président Sarkozy compte aussi une série d’échecs, qui seront autant d’arguments susceptibles d’être utilisés par ses opposants. La fantomatique Union pour la Méditerranée n’a que peu de chances de voir véritablement le jour, le couple franco-allemand a connu davantage de bas que de hauts, alors que l’Histoire montre que l’Europe n’avance que si ce couple est uni. Et que dire de l’inertie de la diplomatie française au début du Printemps arabe alors que nous aurions pu avoir un rôle prépondérant à jouer. Le “rattrapage express” avec la Libye peut en témoigner. Enfin, bien qu’il n’en soit pas l’instigateur, la participation française à la guerre en Afghanistan est toujours plus difficile à faire admettre à une population qui apprend la mort de ses soldats sans comprendre les objectifs de la mission.

Sur ce dernier point, le PS aurait clairement pu, et facilement, attaquer le Président Sarkozy, s’il avait eu une position claire sur le sujet. Rappelons qu’en 2001, le PS avait voté pour l’envoi des troupes et qu’aujourd’hui, il cherche à se distinguer en jouant sur le calendrier de retrait, mais ses différences de point de vue sont désormais minimes avec l’UMP.

Les deux candidats socialistes en tête pour l’instant dans les sondages, Martine Aubry et François Hollande, ont beaucoup critiqué la politique extérieure du Président Sarkozy, mais sans présenter une vision claire et pensée de ce qu’ils auraient fait. Ceci se vérifie surtout au niveau européen avec des discours remplis de belles intentions mais sans nouvelle solution. François Hollande propose par exemple un “pacte” assez flou avec l’Allemagne, cette dernière devant éviter d’avoir “des excédents commerciaux au détriment de ses partenaires européens”. On pourrait lui rétorquer que l’Allemagne a fait des efforts pendant plus de dix ans pour arriver à un tel résultat et qu’il lui sera difficilement acceptable d’en faire d’autres avec un partenaire qui n’a pour l’instant pas trouvé la clé pour résorber le gouffre abyssal de son déficit.

Il est d’ailleurs surprenant de constater que bien que la majorité des problèmes de la France aient des ramifications au niveau européen, voire international, l’Europe ne soit pas mise au premier rang de la stratégie politique des candidats. Certes, Martine Aubry a donné l’image d’une véritable européenne lors de la déclaration commune PS-SPD en juin, mais le “thème Europe” est noyé parmi tous les autres thèmes de campagne. La situation se vérifie également pour François Hollande, où l’Europe est le dernier point abordé dans son programme “La France en avant”.

Pourtant, les adversaires de Nicolas Sarkozy auraient tout intérêt à jouer sur l’International pour leur campagne. Outre le fait que cela permettrait de réellement les départager au niveau idéologique, cela les aiderait également à combler le déficit de “présidentialité” dont beaucoup font preuve, et sur lequel le Président et ses conseillers jouent.

Sans être le thème majeur de la campagne de 2012, gageons que la politique extérieure de la France sera un facteur essentiel de l’élection par rapport aux anciens scrutins. Le futur président sera celui qui aura montré aux électeurs sa capacité à assurer le rayonnement de la France.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/189914;et-si-la-presidentielle-se-jouait-sur-l-international.html

mercredi 31 août 2011

L'avenir de Kadhafi...

Les forces rebelles libyennes ont désormais pris le contrôle de la quasi-intégralité de la Libye, à l'exception notable de Syrte, la ville notable du leader libyen, qui devrait tomber prochainement. A un moment où le CNT cherche à s'organiser efficacement afin de préparer "l'après-Kadhafi", ce dernier joue encore au chat et à la souris avec les rebelles. Mais il semble fortement probable qu'il soit là en train de jouer ses dernières cartes. Quels scenarii envisager pour le Colonel déchu?

1. De nombreuses rumeurs lassaient penser que Kadhafi s'était réfugié en Algérie. En réalité, seule sa famille s'y est rendue et se trouve aujourd'hui sous la protection du pouvoir algérien. Il semble en effet peu probable que Kadhafi trouve refuge chez son voisin, les relations entre les deux Etats ayant été plus que conflictuelles. Qui plus est, le président algérien Abdelaziz Bouteflika serait-il prêt à un tel acte qui lui attirerait à coup sûr les foudres des Occidentaux et de la France en particulier? On peut penser au contraire que Bouteflika ne veut pas trop attirer l'attention sur lui et sur son pays, qui n'a pas réellement été parcouru par le Printemps arabe.

2. Une autre hypothèse voudrait que Kadhafi fuit dans un autre pays d'Afrique, comme le Niger par exemple, où de nombreux hommes sont venus combattre pour lui moyennant finance. En effet, Kadhafi peut encore jouer sur sa fortune pour s'assurer le soutien de tel ou tel Etat. Certes, cette dernière a été fortement amputée par les actions des Occidentaux qui gèlent ses fonds, mais il n'en demeure pas moins qu'il conserve une "force monétaro-financière" conséquente. Qui plus est, il convient de rappeler que Kadhafi a soutenu pendant de nombreuses années, grâce aux pétro-dollars, différents régimes africains, qui se sentent redevables. Toutefois, le secret devrait être impératif pour une telle entreprise car, outre les difficultés logistiques qui ne sont pas à négliger, il est fortement probable que la Communauté internationale exercerait de fortes pressions sur le pays hôte pour qu'il revoie sa position.

3. Et si Kadhafi restait caché en Libye? C'est une hypothèse que je partage fortement et ce pour deux raisons:

- les rebelles et les forces de l'OTAN constituent un frein réel pour une fuite à l'étranger, de par le contrôle terrestre et aérien qu'ils peuvent mener. Bien que le pays soit très vaste, c'est un très gros risque que prendrait le leader libyien.

- le CNT, reconnu par certains Etats, dont la France, a une tâche considérable à accomplir: réorganiser le pays. Il faut tout d'abord résourdre les problèmes d'approvisionnement (eau, nourriture, essence...), remettre en marche une administration en proie à la corruption et aux règlements de comptes entre pro et anti Kadhafi, rétablir la sécurité dans les villes... Ce dernier point est fondamental et pose en même temps problème: les rebelles seront-ils prêts à déposer les armes et à penser "reconstruction" au lieu de "vengeance"? Le CNT lui-même témoigne de cette "union de façade", faite de divergences profondes et de suspicions constantes. Kadhafi pourrait tout à fait jouer "la stratégie du pourissement" en réduisant à néant les efforts de paix et de réconciliation: il a les fonds, l'influence nécessaires pour agir. Une série d'attentats discréditerait le nouveau pouvoir en place, accusé de ne plus être efficace, par exemple.

4. Et si Kadhafi est capturé? La question est fondamentale car le discours des rebelles et du CNT n'est pas clair. Les Occidentaux demandent son arrestation et qu'un procès ait lieu pour faire état de tous les méfaits qu'il a commis et ordonnés tandis que les Libyens ont mis sa tête à prix pour un peu plus d'1.7 millions de dollars. "Mort ou vif", étrange conception de la justice! Même si l'on peut comprendre le sentiment de vengeance qui anime une majorité de Libyens, la mort de Kadhafi ne servirait à rien. Au contraire, le peuple libyen en sortirait grandi s'il acceptait de le capturer et de le livrer à la justice internationale, qui pourrait mieux rendre compte des actions néfastes qu'il a perpétrées dans le monde entier pendant quarante ans. Mais il semble que les Occidentaux, par crainte d'être accusés d'ingérence, laisseront les Libyens agir de leur propre chef.

Il convient enfin de rappeler que les problèmes de la Libye ne s'achèveront pas avec la fin de Kadhafi. Avec l'aide économique des Occidentaux, la Libye doit oeuvrer à renforcer son unité, aujourd'hui si fragile, sous peine de ne devenir qu'un agrégat de régions autonomes bellicistes, source d'instabilité majeure pour la région.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/188066;l-avenir-de-kadhafi.html

lundi 29 août 2011

Retour sur la crise économique et financière mondiale...

L'économie et la finance ne prennent jamais de vacances, encore plus lorsqu'elles sont en crise. L'été 2011 l'aura montré au dela de toute espérance.
Au début du mois d'août, les cours de la Bourse ont quasiment fait chaque jour la une des médias, les indices boursiers dévissant dangeureusement au point de laisser dire à certains que le krach de 1929 était devant nous. Sans doute faut-il rappeler qu'un pourcentage différent d'une minute à l'autre d'un indice équivaut à une perte de plusieurs milliards d'euros. Mais fallait-il pour autant tomber dans cette psychose qui s'est emparée des décideurs politiques, et par dessus tout des médias?

Certes, l'abaissement de la note américaine par l'agence Standart and Poor's est une très mauvaise nouvelle pour l'économie américaine - et mondiale-, mais le refus des autres agences de notation de suivre et le discours collectif et rassurant de l'Administration Obama ont en partie limité l'impact de ce qu'il faut bien appeler une "bombe médiatique". Pourtant, même si les agences de notation ne sont pas infaillibles, il conviendrait de prêter davantage attention à leurs rapports qui soulignent bien souvent ce que les politiques sont heureux d'ignorer. Ces derniers arguent généralement qu'ils pensent sur le long terme, sous-entendant que les agences sont focalisées sur l'instantané, ce qui n'est pas totalement faux. Mais d'un autre côté, pour mener à bien une politique ambitieuse sur plusieurs années, encore faut-il en avoir les moyens? Le déficit abyssal des USA est une plaie qui, à défaut de pouvoir être refermée, mériterait que l'on s'y intéresse réellement et que l'on tente de freiner son développement.

A une période où certains politiques français prônent la démondialisation, la crise financière a montré que les frontières de l'économie n'existaient plus ou plus précisément, que chacun est à l'affût du moindre écho envoyé par l'autre, entrant ainsi dans une spirale qui peut s'avérer néfaste. Les fortes baisses des bourses européennes en sont un bon exemple, le doute s'insinuant pour des entreprises considérées jusqu'à présent comme sûres. Qui plus est, la désinformation opérée par certains, très difficiles à identifier, a failli provoquer une catastrophe économique. C'est ainsi qu'un quotidien anglais a parlé d'une prochaine faillite de la banque française Société Générale, faisant perdre à cette dernière près d'un quart de sa valeur boursière en une journée. Comment une simple phrase parue dans un journal peut-elle à ce point bouleverser une institution aussi forte? A croire que l'économie marche sur la tête, ou que sa crainte de s'effondrer la dépasse...

La seule réponse à même de nous sortir de cette spirale consiste à restaurer la confiance, non pas seulement vis-à-vis des marchés, mais auprès des entrepreneurs et des citoyens, ceux-là mêmes qui font l'économie. Cela passera obligatoirement par une réduction des inégalités, sources de déséquilibres économiques et de mal-être. Certains prônent le changement de mode de vie, sans pour l'instant présenter un modèle complet et applicable. Au mieux avancent-ils des idées intéressantes mais qui ne pourraient être mises en place que pour une minorité d'Etats riches. Or, seules des solutions à l'échelle mondiale, tenant compte des spécificités de chacun, pourraient être considérées commes sérieuses.

Il y a urgence : les atermoiements des décideurs politiques européens à agir ensemble et de façon ambitieuse ont rendu l'Europe encore plus vulnérable aux attaques des spéculateurs qui misent sur son éclatement. Pourtant, personne n'aurait intérêt à une telle situation, pas même les USA ou la Chine. En effet, le propre de cette crise est qu'elle affecte toute l'économie mondiale et que les défauts de l'un se répercutent sur les forces de l'autre.
Toutefois, en dépit de soubresauts plus ou moins conséquents, l'économie mondiale résiste. Les différents plans de rigueur commencent à être mis en place. Souhaitons qu'ils permettent d'assainir durablement les finances des Etats et de réfreiner les ardeurs des spéculateurs.

jeudi 25 août 2011

Retour sur l'été moyen-oriental et africain

Certains avaient émis l'idée -saugrenue- qu'avec le Ramadan, on assisterait à une diminution des affrontements au Proche et Moyen-Orient. L'été 2011 aura montré de façon particulièrement éclatante à quel point ça n'a pas été le cas. Au contraire, que ce soit en Libye, en Syrie, en Israël, ou même en Afrique avec la Somalie, la situation s'est profondément détériorée avec le risque d'un embrasement, un risque qui n'est pas encore totalement écarté...Dans tous les cas, l'espoir de jours meilleurs est mince.

La Libye est ravagée par des affrontements toujours plus virulents entre les forces du Colonel Kadhafi et les rebelles soutenus par l'OTAN. Ces derniers, après une période de "surplace" sont en train de marquer des points essentiels, tant et si bien que Tripoli semble être passé sous leur contrôle. La prudence est toutefois de mise, la désinformation massive opérée par les deux camps empêchant toute analyse définitive.
Il semble cependant que Kadhafi soit dans une très mauvaise posture et que deux solutions sont à envisager. Soit le Guide libyien se fait capturer en espérant qu'un procès aura lieu, ce qui n'est pas évident si l'on se réfère à sa mise à prix fixée à plus d'un million et demi de dollars par les rebelles et surtout à la mention "mort ou vif". Soit Kadhafi parvient à s'échapper et avec les ressources financières dont il dispose encore, il entretient une guerre d'usure et d'harcèlement avec l'aide de mercenaires. La mise en place d'une démocratie dans le pays en serait inévitablement affectée.
Les Occidentaux, dont le rôle est plus ou moins clair dans ce conflit, doivent-ils s'impliquer davantage? L'hésitation demeure entre une volonté de ne pas faire preuve d'ingérence et un désir de stabiliser la région, avec les perspectives économiques liées au pétrole qui en découlent.

La Syrie est dans une période encore plus opaque, les Occidentaux faisant pression sur Al-Assad, sans que ce dernier n'en soit véritablement affecté. Il continue au contraire d'attaquer de plus belle toute poche de résistance hostile au régime. C'est avec une main de fer et de sang que le pays est désormais dirigé, non pas que les années passées furent idylliques, mais l'on peut s'interroger quant à l'avenir de la Syrie. Il me semble que les occidentaux ont fait une grave erreur en ne cessant de demander le départ du président syrien. Ce dernier possède encore beaucoup de soutiens et il sait diriger; il aurait sans nul doute été plus judicieux de négocier avec lui une ouverture limitée à la démocratie, ce qu'il aurait accepté moyennant des accords économiques nouveaux, plutôt que de ne lui laisser aucune chance, l'incitant à jouer son va-tout et la vie de milliers de Syriens. Tout doit être fait pour que ce pays, si stratégique pour la région, ne se renferme pas sur lui-même, avec le risque d'un développement de l'intégrisme qu'un tel choix politique comporterait...

Israël, dont nous avions parlé il y a peu de ses problèmes de politique interne, a subi un attentat ciblé faisant huit morts en Egypte. Trois militaires égyptiens ont ensuite été tués par les forces israéliennes ce qui a provoqué la fureur de la population. Israël a eu tort d'agir ainsi, et ce d'autant plus que l'Egypte est en pleine transition démocratique et qu'il aurait tout intérêt à mener une politique discrète et amicale pour être sûr de renouveller le traité de paix et s'éviter de nouveaux ennemis. Ce n'est en tout cas pas la voie prise par les forces de Tsahal qui, en réplique de cet attentat lâche, ont envoyé de nombreux missiles sur Gaza, causant la mort de civils. De telles représailles aveugles sont inefficaces et nuisibles en tout point, aussi bien pour traquer les véritables commanditaires de l'attaque que pour satisfaire la population israélienne qui commence à se rendre compte de l'impasse dans laquelle le gouvernement de Netanyahu la conduit.

Enfin, la situation humanitaire empire considérablement en Somalie, l'aide n'arrivant pas aux nécessiteux. L'aide apportée par les Occidentaux était déjà faible, l'absence de réelle organisation efficace achève de faire de la Corne de l'Afrique une région de morts. L'empressement de certains à agir dans l'instant pour aller en Libye et leur silence coupable pour aller sécuriser l'approvisionnement des denrées alimentaires en Somalie est difficilement explicable. Comment expliquer au monde ces entrepôts remplis jusqu'à raz-bord de denrées non distribuées à cause d'un document manquant ou parce que les milices islamistes bloquent les convois? Pourquoi ne pas faire intervenir des Casques Bleus dont la seule mission serait de sécuriser les transferts d'aide humanitaire? Sans doute parce que cette région n'intéresse personne, que les ONG sur place se sentent désemparées par le faible relai médiatique qu'on leur donne... Pourtant, c'est un point géostratégique majeur qu'il conviendrait de protéger et d'étudier davantage car le risque que cette région devienne un repère pour terroristes et trafiquants en tout genre est déjà une réalité.

mardi 23 août 2011

Publication

Le Centre de la francophonie des Amériques a repris mon billet sur mon séjour d'études au Québec. Vous pourrez le consulter à l'adresse suivante:

http://www.francophoniedesameriques.com/universitedete/edition_2011_en_temoignages/temoignage_de_maxime_pinard.html


Retour sur les émeutes de Londres

A un an du début des Jeux Olympiques, qui aurait pu imaginer ce qui s'est passé début août à Londres? Qui aurait pu penser qu'un pays comme l'Angleterre, connu pour sa retenue, sombre dans le chaos, et ce devant les caméras du monde entier? A vrai dire personne, et tout le problème est là.
Pendant plusieurs jours, différents quartiers de Londres ont été en proie à des incendies, à des vols et autres dégradations qui ont dégénéré. Outre les centaines d'arrestations opérées par les forces de police, on déplore un mort, les circonstances exactes de son décès n'étant pas clairement établies. Les informations manquent encore aujourd'hui car ce qui s'est passé a été un profond traumatisme pour les Anglais qui ne s'y attendaient pas. Tout au plus a-t-on pu voir à la télévision des groupes de jeunes le visage caché mettre le feu à des immeubles, piller des magasins et provoquer la police. Cette dernière a d'ailleurs vu passer ses effectifs de six à seize mille hommes pour éviter l'anarchie.
Les médias se sont emparés de l'affaire, ce qui semblait évident, mais d'une façon assez particulière, avec des méthodes relevant de l'inquisition et non du journalisme. On peut citer entre autres les vidéos diffusées des possibles fauteurs de trouble avec des messages demandant aux citoyens d'aider l'Etat à enrayer ce fléau. On aurait voulu provoquer des affrontements entre civils que l'on ne s'y serait pas pris autrement! En effet, des groupes de citoyens se sont rapidement constitués pour défendre leurs quartiers, leurs commerces, voire leurs lieux de culte surtout pour la communauté indienne. Armés de bâtons et autres objets contondants, ils ont été indirectement encouragés à se faire justice, malgré les appels au calme de la police et du gouvernement de David Cameron.
Celui-ci a d'ailleurs du rentrer précipitamment de vacances, afin de ne pas donner l'impression de minimiser ce qui restera pour longtemps dans les mémoires des Londoniens. Alors qu'aujourd'hui, les émeutes ont cessé malgré une propagation sporadique à d'autres villes du Royaume-Uni, que penser de cette tragédie. Est-elle le fruit de la seule crise économique qui marque le pays? Est-ce la faute d'Internet et des nouvelles technologies, comme le sous-entend Cameron? Le manque de repères et de valeurs de la jeunesse est-il si prépondérant dans les motivations des criminels?
On ne saurait se risquer à apporter une réponse là où tous, y compris ceux qui observent la société britannique depuis des années, ont été pris par surprise. On peut cependant souligner que la politique assez à droite au niveau social de David Cameron, que le chômage des jeunes qui atteint des proportions énormes dans certains quartiers comme Tottenham qui a été également un haut lieu d'affrontements, que le matraquage médiatique qui incite les jeunes à concevoir la possession du "toujours plus" comme une nécessité contingente au bonheur et au respect, constituent des facteurs qui peuvent provoquer ce genre de crise.
Une aide financière seule de l'Etat britannique ne saurait remédier au problème. Tout au plus l'étoufferait-elle pour quelques années... C'est davantage le tissu social du pays qui est à reconstruire, en insistant sur plus de solidarité et sur moins de déséquilibres entre les très riches et les pauvres. Certes, les inégalités ont toujours existé et on ne saurait penser sérieusement les supprimer; elles sont constituantes de nos modes de vie. Mais au moins pourrait-on envisager de les atténuer car dans une société démocratique, celui qui n'a plus rien à perdre et à attendre de ceux censés le soutenir représente un danger.
Le coût d'une véritable politique sociale n'est rien si elle permet d'éviter les émeutes et assure un niveau de vie décent à chacun.

samedi 6 août 2011

Vacances...

Bonjour à tous,

Le blog sera en sommeil jusqu'à la fin août, date de mon retour de vacances.

Bien à vous,

Maxime