Premier pas, espoir, main tendue ou plutôt manœuvre politique, écran de fumée? Il est trop tôt pour le dire mais toujours est-il que l'annonce faite par Israël hier d'alléger son embargo à l'encontre de Gaza marque une étape essentielle dans l'histoire du conflit israélo-palestinien.
Plus précisément, Israël autorise les "marchandises à usage civil" ne figurant pas sur une liste de produits interdits (armes ou tout équipement susceptible de participer à la fabrication de bombes) à entrer dans Gaza par voie terrestre. En d'autres termes, le blocus par voie maritime demeure total.
Verre à moitié plein ou à moitié vide? Bouffée d'air en vérité pour un peuple habitant "une prison à ciel ouvert", manquant de tout et vivant sous la coupe du Hamas.
Avec ce geste d'Israël, le Hamas se voit affaibli: sa rhétorique perd de sa superbe de même que diminue sa capacité de nuisance, Israël s'étant assuré que les matériaux de construction, parfois utilisés pour fabriquer des bombes, soient sous le contrôle de l'Autorité palestinienne du président Mahmoud Abbas.
Joli coup diplomatique de la part d'Israël qui tente ainsi de redorer son blason. Il semble d'ailleurs que cela fonctionne, puisqu'une visite du Premier ministre israélien Netanyahu, après celle annulée le 1er Juin, a été programmée le 6 juillet à la Maison blanche avec le président Obama.
Deux points méritent d'être soulignés toutefois:
Premièrement, cet allègement du blocus n'est qu'une infime étape dans le processus de paix au Proche-Orient. Gaza, sous embargo depuis quatre ans, est toujours sous perfusion, et tenue au secret, Israël refusant la quasi totalité des demandes de parlementaires européens de se rendre sur place pour évaluer la situation.
Deuxièmement, au risque de choquer, cette situation arrange beaucoup de monde. Israël n'est pas le seul état à effectuer le blocus autour de Gaza; il est aidé dans sa tâche par l'Égypte. De même, les voix des gouvernements arabes demandant la fin du blocus sont inaudibles, voire inexistantes car aucun d'entre eux ne veut ni n'est prêt à accueillir une si grande population de malheureux.
Gaza est un drame et une honte pour la communauté internationale qui masque sous des effets de communication son embarras, ne souhaitant pas prendre des décisions, certes difficiles, mais courageuses et sauveuses de vie.
Rien ne dit que la fin totale du blocus marquera le retour de la paix au Proche-Orient mais il est certain qu'elle y contribuerait grandement.
Voilà qui est (enfin) bien dit! Rien à ajouter... mais c'est pas une raison non plus pour m'en priver. Non mais! ;-)
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