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vendredi 5 août 2011
Israël, l'été du tournant?
lundi 1 août 2011
Les inégalités et le désordre mondial
Les États-Unis viennent in extremis de trouver un semblant de solution pour éviter de plonger le monde dans la plus grande crise économique qu'il n'ait jamais connu en parvenant à un accord entre Républicains et Démocrates au sujet de la dette abyssale du pays. Les détails ne sont pas encore disponibles mais l'on parle d'un relèvement du plafond de la dette de plus de deux mille milliards de dollars... la somme est si colossale qu'il est difficile de se l'imaginer. En tout cas, les États-Unis viennent de se donner un répit supplémentaire, mais il est évident que des sacrifices sont à attendre. En effet, les Républicains n'ont pas signé un chèque en blanc à Obama: en échange de leur accord, ils exigent des coupes budgétaires substantielles dans les dépenses du pays, y compris concernant la mise en œuvre de l'Assurance maladie chère à Obama. Les Représentants démocrates étaient à peu de choses près sur la même ligne que les Républicains, seul le calendrier d'exécution changeant.
Obama ne doit pas cependant crier victoire et ce pour plusieurs raisons: les Républicains ont montré qu'ils étaient des adversaires combatifs et qu'ils pouvaient influencer son action. Par ailleurs, bien qu'étant la première puissance mondiale, les États-Unis se sont vus menacés, certes mollement mais quand même, par les agences de notation qui évoquaient la possibilité d'une perte de la si précieuse note AAA. Ceci démontre que nul n'est à l'abri désormais d'une perte réelle et symbolique de pouvoir, à croire que ce dernier, dans son aspect purement économique et financier, régit de plus en plus les enjeux de puissance.
Si l'on traverse un océan et que l'on se focalise sur la situation dans la Corne de l'Afrique, force est de constater que le jeu et les cartes disponibles divergent sensiblement... Les médias ont ceci d'affreusement fascinant qu'ils découvrent la misère et la pauvreté qu'une fois celles-ci à leur plus haut sommet. En effet, bien peu d'articles ont traité de la situation alimentaire désastreuse qui secoue la région ces derniers mois. Cependant, comme pour corriger l'erreur, ces mêmes médias s'emparent désormais de ce sujet; mais n'est-il pas trop tard?
Focalisés sur l'Irak, l'Afghanistan, la Libye et la Syrie avec le Printemps arabe, les puissances occidentales ont négligé des pays en crise comme le Yémen, et surtout la Somalie, dirigée par des islamistes dont la dangerosité n'est plus à démontrer. Ces derniers, au mépris du respect de la dignité humaine, ont bloqué et bloquent encore l'aide humanitaire envoyée par l'ONU, avec les pertes humaines que de telles mesures comportent. Certes, une réunion de donateurs représentant les puissances mondiales a eu lieu il y a peu à Rome, mais l'absence de résultats concrets et rapides montre que le drame qui sévit dans cette région n'est pas une priorité. Alors que nous sommes prêts à donner, et non pas à prêter vu que l'on ne reverra jamais la couleur de cet argent, plus de cent milliards d'euros à la Grèce, alors qu'une puissance est capable d'autoriser une augmentation de son déficit de plus de deux mille milliards de dollars, nous sommes incapables de trouver un milliard pour sauver une population démunie... Les morts s'entassent dans l'indifférence générale; un sursaut d'humanité serait le bienvenu!
Il y a peu de chances pour que ce dernier se produise, tant les élans généreux de certains sont avant tout liés à de basses considérations politiques et économiques. Pourtant, en laissant la situation ainsi, nous agissons contre nous-mêmes en favorisant la création d'une génération de "sans-avenirs" qui n'ont plus rien à perdre et dont le risque de radicalisation n'est pas à écarter. Mais le plus gênant dans cette catastrophe, c'est que notre égoïsme est responsable de ce qui se passe. Même si le lien direct n'est pas formellement établi, on peut légitimement penser que les dérégulations climatiques liées à nos modes de vie consommateurs de ressources épuisables ont eu un impact sur la situation climatique dans la Corne de l'Afrique. Simplement blâmer "les pays du Nord" ne servirait à rien, mais rappeler à ces derniers que leurs actions ont des conséquences planétaires et qu'il est de leur devoir d'agir en respectant les autres États, aussi petits soient-il, n'est absolument pas vain.
Le monde devient de plus en plus irrationnel, et une telle situation ne pourra déboucher que sur des événements extrêmes.
jeudi 21 juillet 2011
Du pouvoir des médias
mercredi 13 juillet 2011
Maroc & Syrie, deux visions du Printemps arabe
Le Printemps arabe, initié à la fin de l'année 2010, continue de se manifester dans le Monde arabe. Parce que celui-ci est pluriel, réalité que l'on oublie trop souvent, il convient de ne pas aposer une grille de lecture générale et par définition simpliste, incapable de rendre compte des spécificités historiques, sociologiques et économiques de chaque état. Deux pays montrent à merveille cette dichotomie du Monde arabe: le Maroc et la Syrie.
Voici donc deux pays embarqués dans le Printemps arabe mais dont les réactions sont pour le moins diamétralement opposées. Certes, avant même ces événements, il est clair que leurs politiques étaient différentes, de par la nature du régime, les aspirations du pouvoir et leur position géostratégique. Mais le fossé existe.
Le Maroc, dirigé par le Roi Mohamed VI, est un pays pauvre, aux très fortes disparités économiques et sociales, confronté à une jeunesse qui connaît dans une écrasante majorité une forte précarité et qui aspire à immigrer en Europe, Espagne et France principalement. Les presses occidentales sont en général bienveillantes à l'égard de ce pays où pourtant les libertés sont restreintes, l'opposition muselée, la modernité espérée par ce jeune souverain n'en étant encore qu'à ses balbutiements. Sous la pression davantage extérieure qu'intérieure, le Roi a fait procéder le 1er juillet à un référendum modifiant la Constitution. Tout en gardant sous contrôle les principaux leviers du pouvoir, le Roi fait un pas en avant en adoptant un système un peu plus ouvert avec entre autres un chef de gouvernement issu du parti victorieux aux éléctions. Mais il demeure au plan religieux le "commandeur des croyants" et entend bien continuer à diriger le pays. La question est donc de savoir si derrière cet habillage teinté de marketing institutionnel se cache de véritables bouleversements pour la vie de la population; il est encore trop tôt pour y apporter une réponse sérieuse. Toutefois, le vote massif et la victoire présible du oui peuvent laisser espérer des perspectives positives à ce pays.
Quant à la Syrie, la situation n'est pas seulement différente. Elle est à la fois grave et dangereuse. Le président Bachar el Assad connaît des soulèvements dans plusieurs régions mais toujours à un niveau local et concentré. Cette précision est fondamentale car elle rappelle que le pays est divisé, qu'il n'est pas debout comme un seul homme face à son président et que ce dernier bénéfie encore de beaucoup de soutiens et de moyens financiers et militaires. Bachar el Assad tente de donner une image d'apaisement en prônant un dialogue national, mais dans le même temps, il s'arrange pour qu'aucune opposition crédible et efficace ne soit entendue. Les informations parviennent difficilement mais il est clair que des massacres sont perpétrés.
Que faut-il faire? Laisser le président syrien agir, en acceptant indirectement que des massacres soient perpétrés au nom du respect de la souveraineté nationale? Ou agir dans le cadre de l'ONU et ainsi mettre en pratique le "droit d'ingérence" qui n'a de droit que le nom et qui jusqu'à présent n'a pas fait preuve de résultats probants? Aucune de ces solutions n'est viable et saine. Et que dire de l'action des ambassadeurs de France et des Etats-Unis qui se sont rendus il y a quelques jours dans la ville en révolte de Hama... une mise en scène ridicule aux conséquences non-calculées, tant et si bien que les ambassades ont été attaquées juste après et que ce geste franco-américain s'apparente à un beau fiasco.
Ce n'est pas ainsi que l'on interfère efficacement dans un conflit. Certes le poids des images n'est pas négligeable; encore faut-il en contrôler le chemin et la diffusion... La situation en Syrie ne se règlera que par un accord avec le Président Bachar el Assad. Si ce dernier refuse, alors il faudra user d'influence auprès de ses conseillers ou des membres de son clan qui seraient en désaccord avec lui. La Syrie est un pays stratégique pour le Moyen-Orient, de par ses liens avec l'Iran, Israël, la Turquie, de par son influence au Liban. La France gagnerait à agir diplomatiquement avec Damas plutôt que de ne proférer que des menaces, vides de sens, si l'on regarde la situation en Lybie. A l'inverse, Damas ne doit pas jouer le "jusqu'au boutiste" sous peine d'être écarté par ses alliés et lâché par de grandes puissances, à l'image de la Russie et la Chine qui jusqu'à présent usent de leur droit de veto pour éviter à la Syrie d'être condamnée par l'ONU.
Le grand échiquier se met en place.
NDLR: cet article a été supprimé puis revu, en raison des événements récents en Syrie et des résultats du référendum au Maroc.
dimanche 19 juin 2011
Une expérience de la francophonie
mardi 14 juin 2011
jeudi 9 juin 2011
Informations
Bonjour à tous,
Comme vous avez pu le constater, le blog n'a pas été alimenté pendant quelques jours. L'actualité internationale a pourtant été particulièrement riche pendant cette période avec les événements en Syrie, la situation politique délicate en Italie, la quête d'un chef au FMI... Mais pendant cette même période, j'étais au Québec, plus précisément à l'Université Laval en tant qu'auditeur de la seconde session de formation d'été sur "la francophonie des Amériques". Je vais consacrer prochainement un billet à cet événement et sa réalité internationale avant de reprendre mes chroniques sur la situation internationale.
Merci à tous de votre fidélité.