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mardi 8 juin 2010
La Chine et sa "muraille numérique"
lundi 7 juin 2010
Le curieux choix d'Obama...
dimanche 6 juin 2010
Obama, BP et l'opinion américaine.
jeudi 3 juin 2010
Un nouvel espoir en Afghanistan
Et si le président Karzaï était la solution au conflit afghan? La question a de quoi surprendre, tant les critiques à son encontre ont été nombreuses, et bien souvent justifiées. On se souviendra de sa réélection plus que douteuse, ses liens avec le milieu de la drogue par l'intermédiaire de son frère, sa faible lutte contre la corruption qui asphyxie son administration, le peu d'estime qu'ont pour lui la plupart des dirigeants occidentaux, en particulier Obama.
Mais voilà: au pied du mur à cause des alliés, Hamid Karzaï se découvre des talents de rassembleur et de pacifiste dans l'âme. Là où ses soit-disant alliés proposent de multiplier les actions militaires de grande ampleur pour réduire l'influence des Talibans, lui suggère de dialoguer, soutenant que le pays ne pourra se reconstruire durablement sans la participation des Talibans.
C'est ainsi qu'aujourd'hui a eu lieu à Kaboul une «jirga de la paix», une assemblée présidée par le président Karzaï avec pour objectif de rassembler derrière lui les Talibans "modérés", conformément à ce qu'il avait annoncé en janvier lors de la Conférence internationale de Londres sur l'Afghanistan. La réunion s'est bien déroulée, même si elle a été perturbée à plusieurs reprises, les forces de sécurité empêchant des kamikazes de commettre des attentats.
Reste que Karzaï est dans une situation peu enviable: accusé de traîtrise à la fois par les Talibans et les Américains qui le soupçonnent de mener un double jeu, sa mission consiste à chercher un consensus rapidement pour relancer l'économie d'un pays dont les bases sont à reconstruire.
Que peut-on attendre de cette réunion? En vérité, son succès dépend directement de la stratégie des Américains: si ces derniers persistent à mener des actions meurtrières qui font inévitablement des victimes civiles, l'anti-américanisme va être exacerbé et associé à l'image de Karzaï qui laisse agir.
La solution résiderait peut-être dans une action américaine davantage discrète mais plus efficace, en ciblant les principaux chefs liés à Al-Qaeda au lieu de lancer des attaques -trop- médiatiques dans d'immenses zones. Mais la situation est plus complexe, en raison du manque de connaissance de la région et de l'absence de réponse à la question suivante: qu'entend-on par "Taliban modéré"?
Seule une meilleure connaissance des acteurs du conflit parviendra à limiter les dégâts de cette guerre qui n'a que trop duré (9 ans cette année!)
mercredi 2 juin 2010
Crise politique au Japon
C'est un espoir déçu que vient de connaître le Japon. Au pouvoir pendant plus de cinquante ans, le Parti libéral-démocrate avait laissé place l'an dernier au Parti démocrate (PDJ) de Monsieur Yukio Hatoyama. Ce dernier avait axé sa campagne sur la relance de l'économie du pays par un ensemble de réformes ambitieuses, visant aussi bien à rendre plus efficace et moins coûteuse différents organismes comme la poste qu'à présenter des mesures pour le travail des jeunes diplômés et des séniors.
La tâche était dure, trop dure pour le premier ministre Hatoyama qui a présenté sa démission ce matin devant les députés de son parti. Il n'aura tenu que 8 mois à son poste, et devient de ce fait le quatrième premier ministre à démissionner avant la première année de son mandat.
Les scandales liés au financement occulte de campagne, l'absence de résultats concrets pour redresser l'économie du pays, la perte de confiance de la population dans leurs dirigeants, auront eu raison de lui. Le point culminant de son échec aura été la gestion, plus que discutable, de la base militaire américaine située sur l'île d'Okinawa: Hatoyama a préféré céder devant les pressions américaines et renoncer ainsi à une promesse de campagne,en laissant la base à sa place malgré les contraintes qu'elle pose à la population locale.
Tout espoir est-il perdu? Sans doute pas. En démissionnant, Hatoyama donne une seconde et dernière chance à son parti de réformer le pays. En effet, le PDJ va devoir se choisir un nouveau chef qui aura la lourde tâche d'éviter une bérézina aux élections sénatoriales qui auront lieu dans quelques semaines.
Le Japon, avec une Chine toujours plus puissante et soucieuse d'asseoir son influence régionale, ne peut se permettre une nouvelle instabilité politique. il en va désormais de son rôle de grande puissance économique...
mardi 1 juin 2010
De l'art d'informer et de désinformer
Ce n'est pas encore une guerre au sens conventionnel du terme... Peut-être n'y en aura-t-il pas, même si les déclarations turques ne laissent présager rien de bon. Il n'en demeure pas moins qu'une guerre a lieu: celle de l'information, ou plutôt de la désinformation. A l'exception de la presse américaine qui reste focalisée sur la catastrophe en Louisiane, tous les médias internationaux traitent de ce drame, corrigeant, ajoutant, nuançant des informations qui arrivent au compte goutte.
Car là est le problème: les informations sûres, c'est-à-dire vérifiées, recoupées, sont quasiment inexistantes. La vrai question est la suivante: que sait-on vraiment? Le nombre des morts est plus qu'incertain: 9, 10, 19, les chiffres varient entre le matin et l'après-midi. On ne sait pas précisément qui composait l'équipage de la flottille, quels ont été les prémices de ce coup de force des associations pro-palestiniennes... On pourrait énumérer les interrogations encore longtemps.
Le doute, la suspicion, les rumeurs sont dangereuses pour un État: Israël sait que son opération a été un fiasco, qu'elle a sans doute été mal préparée par ailleurs; il cherche à présent à limiter les dégâts en investissant davantage le champ médiatique, en montrant des vidéos où ses soldats sont pris à partie de façon violente par les membres des bateaux par exemple pour justifier ses actes. Le but officieux est de créer une sorte de "relativisme de l'information", avec pour principal motif de subir des sanctions.
Il est trop tôt pour dire si cet événement constitue un tournant dans le conflit au Proche-Orient, le jeu des différentes parties n'étant que partiellement dévoilé. Cependant, tout est possible dans cette région; le souvenir de la poudrière des Balkans revient à l'esprit
lundi 31 mai 2010
L'erreur israélienne
Selon les derniers chiffres, une vingtaine de personnes auraient été tuées dans l'assaut israélien contre la flottille en route pour Gaza. Certes, le simple fait de vouloir passer outre le blocus imposé par Israël constituait déjà une forme de provocation mais Israël n'aurait jamais dû agir de la sorte. La disproportion dans l'action dont l'État hébreu fait preuve est dangereuse, à la fois pour ses voisins mais surtout pour sa propre sécurité. La communauté internationale a condamné cette attaque, le Hamas appelle déjà à une nouvelle Intifada, la Turquie se montre très critique à l'égard de son voisin, parlant de conséquences "irréparables"...
On pourrait croire que la situation va dégénérer et pourtant, il y a de fortes chances qu'il n'en soit rien. Israël va subir quelques critiques, les États-Unis et l'Europe vont afficher leur effroi devant ce qui vient de se produire mais rien de concret ne sortira. De même qu'Obama s'est vu éconduit par Netanyahu au sujet du sort des territoires palestiniens, le président américain aura du mal aujourd'hui à infléchir la position de son principal allié dans la région.
Israël semble adopter aujourd'hui la stratégie du pire alors qu'il avait toutes les cartes en main pour apaiser les tensions. S'il avait laissé entrer dans Gaza les humanitaires, car c'est bien principalement d'humanitaires qu'était constitué la flottille, il aurait coupé l'herbe sous le pied de ses détracteurs en affichant une certaine clémence à l'égard d'un peuple isolé du reste du monde et qui vit dans une situation déplorable. En agissant de la sorte, il aurait sans nul doute obtenu l'appui des Européens et des Américains, appui précieux en ces temps de doute sur la menace nucléaire iranienne.
Israël s'isole, s'"extrémise", et menace de fait une sécurité régionale déjà fortement relative. Bien qu'il ait échoué au départ, l'espoir peut venir à nouveau d'Obama, à condition qu'il exerce une forte pression sur Israël, financière principalement, pour obtenir un partage des territoires satisfaisant pour les deux parties.
Israël ne cesse d'affirmer qu'il est menacé de destruction: que la communauté internationale s'engage à mettre des troupes dans la région pour protéger l'État hébreu et l'argument israélien n'aura plus de sens. Une paix est possible mais elle implique l'action de tous.