lundi 7 juin 2010

Le curieux choix d'Obama...

Sa démission avait été très relayée dans les médias: porté au pilori pour une gestion approximative de deux attentats ratés (celui de Noël à bord du vol Amsterdam-Détroit et celui de Times Square du 1er mai), Dennis Blair avait dû remettre sa démission à Obama de poste de directeur du Renseignement national américain (DNI) le 20 mai dernier.

Les Américains étaient retombés dans cette psychose sécuritaire qui avait sensiblement terni leur image, voyant des ennemis partout, et légitimant indirectement les différentes politiques liberticides de Bush, peu remises en cause par Obama. Comme on dit: qui ne dit mot consent. 

Sur le fond, Dennis Blair n'a été qu'un pion sacrifié dans le jeu politico-médiatique d'Obama. Contrairement à ce que laissent croire certains, on ne peut et on ne pourra jamais empêcher totalement les attentats. La majorité sont évités mais il y aura toujours la possibilité d'un terroriste déjouant les scénarios de sécurité.

Le problème vient en vérité du successeur de Monsieur Blair: il s'agit de l'ancien général James Clapper qui était jusqu'à présent sous-secrétaire à la Défense pour le Renseignement (DIA). Son expérience de militaire n'est pas à remettre en cause, ses connaissances du milieu du renseignement encore moins.

Ce qui gêne ici tient à ses différentes prises de position: il a été favorable aux guerres en Afghanistan et en Irak, allant même jusqu'à défendre devant le Congrès la stratégie de Georges W Bush, arguant que ces conflits ont permis aux USA d'améliorer leurs capacités de sécurité et de défense.

Outre l'ineptie que constitue un tel propos, eu égard à une conception globalisante de la guerre, il peut paraître surprenant au premier abord que cet homme ait été choisi par Obama.

Jour après jour, il semble bien que la rupture affichée par Obama n'est qu'une façade. Un exemple ne fait pas une démonstration mais il peut donner quelques indications: Guantanamo a été fermé mais de nombreux problèmes juridiques demeurent (il y a un débat en ce moment quant à la possibilité de juger un jeune homme mineur au moment de ses actes), les autres prisons secrètes demeurent, il y a toujours plus de GI's en Afghanistan, la situation au Proche-Orient reste stable voire empire, l'Europe est délaissée de façon regrettable...

La désillusion est proportionnelle à la méprise des représentants de l'Obamania qui ont cru que cet homme avait pour mission de résoudre les maux du monde alors que de façon tout à  fait normale, son but est d'assurer la prospérité de son pays.  

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