mardi 1 juin 2010

De l'art d'informer et de désinformer

Ce n'est pas encore une guerre au sens conventionnel du terme... Peut-être n'y en aura-t-il pas, même si les déclarations turques ne laissent présager rien de bon. Il n'en demeure pas moins qu'une guerre a lieu: celle de l'information, ou plutôt de la désinformation. A l'exception de la presse américaine qui reste focalisée sur la catastrophe en Louisiane, tous les médias internationaux traitent de ce drame, corrigeant, ajoutant, nuançant des informations qui arrivent au compte goutte. 

Car là est le problème: les informations sûres, c'est-à-dire vérifiées, recoupées, sont quasiment inexistantes. La vrai question est la suivante: que sait-on vraiment? Le nombre des morts est plus qu'incertain: 9, 10, 19, les chiffres varient entre le matin et l'après-midi. On ne sait pas précisément qui composait l'équipage de la flottille, quels ont été les prémices de ce coup de force des associations pro-palestiniennes... On pourrait énumérer les interrogations encore longtemps. 

Le doute, la suspicion, les rumeurs sont dangereuses pour un État: Israël sait que son opération a été un fiasco, qu'elle a sans doute été mal préparée par ailleurs; il cherche à présent à limiter les dégâts en investissant davantage le champ médiatique, en montrant des vidéos où ses soldats sont pris à partie de façon violente par les membres des bateaux par exemple pour justifier ses actes. Le but officieux est de créer une sorte de "relativisme de l'information", avec pour principal motif de subir des sanctions. 

Il est trop tôt pour dire si cet événement constitue un tournant dans le conflit au Proche-Orient, le jeu des différentes parties n'étant que partiellement dévoilé. Cependant, tout est possible dans cette région; le souvenir de la poudrière des Balkans revient à l'esprit

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