"Un non-événement pour aujourd'hui mais un événement majeur pour demain": c'est ainsi que l'on pourrait caractériser la publication aujourd'hui par le gouvernement chinois d'un livre blanc sur sa politique chinoise de l'internet.
La citation suivante se passe de commentaire: "Sur le territoire chinois, l'Internet se trouve sous juridiction et souveraineté chinoises. La souveraineté de la Chine sur l'Internet devrait être respectée et protégée". Quoiqu'un commentaire s'impose.
La Chine consacre dans ce livre l'existence d'un internet à deux vitesses, à la fois mondial pour son influence et local pour ce qui est de son contrôle juridique. Son choix est sûr d'impacter durablement la notion même d'Internet car les chinois sont les premiers surfeurs sur le web (400 millions).
Internet est perçu en Chine à deux niveaux: comme un outil favorisant le développement économique mais également comme un moyen de jouer avec l'autorité étatique. Cette dernière ne se prive pas d'ailleurs de rappeler les règles à respecter.
Les mots "internet" et "censure" sont désormais familiers dans l'approche numérique chinoise: les pirates chinois au service du gouvernement attaquent les comptes mails des dissidents et osent même, preuve que la Chine ne craint personne pas même les États-Unis, s'en prendre aux intérêts américains, à l'image de l'affaire Google, ou de l'intrusion dans les systèmes de sécurité numérique des gouvernements français et allemands.
Plus à tort qu'à raison, le champ étatique entend reprendre sa place dans le développement de l'internet, à l'image des initiatives française, allemande, anglaise, australienne... (lutte contre le piratage, lois enfreignant les libertés...) Il est vrai que le système est imparfait mais y imprimer les symboles et conventions des États n'aura d'autre effet que de le scléroser et de le vider de son sens.
Internet a vocation à être mondial et donc à être sous l'autorité d'une organisation mondiale. L'élaboration de cette dernière poserait de multiples problèmes mais aurait au moins le mérite d'éviter "des internets".
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