Il y a encore 20 ans, personne n'y aurait cru. On aurait parlé de blague de mauvais goût, de trait d'esprit offensant issu de l'imagination trop féconde d'un fou. Et pourtant, le 25 juin 2010, les médias du monde entier ont relayé cet instant, autant anodin que symbolique: un président américain mangeant un hamburger avec son homologue russe.
Oubliée la Guerre Froide avec le risque de guerre mondiale qu'elle a engendré! Oubliées les tensions vives entre Georges W Bush et Vladimir Poutine! Place au rapprochement américano-russe, et même à l'amitié entre les deux présidents actuels que sont Barack Obama et Dimitri Medvedev!
Pour leur septième rencontre, les deux présidents ont abordé de très nombreux sujets: guerre contre la terreur, appui américain pour une présence russe à l'OMC en échange -entre autres- de l'autorisation de Moscou d'importer à nouveau des poulets américains... Oui, beaucoup de sujets ont été abordés lors de cette rencontre à la Maison Blanche, souvent éloignés les uns des autres mais c'était le but: montrer que l'amitié est tellement forte entre les deux hommes qu'ils peuvent se permettre de parler de tout.
Certes, des divergences demeurent, en particulier pour la question géorgienne, mais elles ont été aussitôt minimisées.
Pour preuve que les idéologies du XXème siècle ont laissé place au pragmatisme, la rencontre du président russe avec Steve Jobs, le patron d'Apple, incarnation quasi caricaturale de la réussite du capitalisme.
Reste une question fondamentale: au delà de l'amitié trop bien affichée, ne pourrait-on pas voir dans ce rapprochement une tentative pour les ex super-puissances de former un bloc fort afin de limiter l'influence toujours plus grande des nouvelles puissances, Chine et Brésil en tête?
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