Un nouveau coup pour rien? Hier, au Conseil de sécurité de l'ONU, une quatrième vague de sanctions à l'encontre de l'Iran a été adoptée, en dépit du "vote contre" de la Turquie et du Brésil.
Rien de neuf là dedans, et ce d'autant plus que l'accord final est très allégé par rapport à ce qui était prévu au départ, afin de s'assurer les votes chinois et russe. Son impact sur l'Iran sera tout bonnement quasi nul, et digne d'être jeté dans "la poubelle", comme l'a souligné le président iranien Ahmadinejad.
Le vrai débat est ailleurs: pourquoi refuser à l'Iran l'accès à l'arme nucléaire? Certes, ce pays, contrairement à Israël ou l'Inde ou le Pakistan, a ratifié le TNP (Traité de non prolifération nucléaire) et s'est donc engagé à ne pas fabriquer de bombe. Téhéran nie avoir un programme nucléaire mais un faisceau d'indices sérieux laisse supposer le contraire.
Quand bien même l'Iran aurait la bombe, assisterait-on à une guerre nucléaire? Certainement pas. De même qu'il n'y a eu aucune attaque nucléaire entre les deux ennemis que sont l'Inde et le Pakistan, on peut se risquer à affirmer que les choses se passeraient de la même façon pour l'Iran et Israël.
Car nous touchons ici à l'argument majeur en faveur de la non nucléarisation de l'Iran: si ce dernier a la bombe, il anéantira Israël, comme le laisse croire Ahmadinejad dans plusieurs de ses déclarations. Manque de chance, l'argument ne tient pas et ce pour trois raisons:
1. Ahmadinejad est sans aucun doute un illuminé mais il ne détient en aucun cas le pouvoir total. L'influence des religieux iraniens est à considérer au plus haut niveau.
2. En imaginant que l'Iran envoie une bombe sur Israël, outre les moyens de protection dont dispose l'État hébreu, l'Iran se verrait anéanti dans l'heure.
3. La provocation d'Ahmadinejad n'est qu'un subterfuge, l'Iran cherchant en réalité à modifier l'équilibre géopolitique de la région. Seul Israël détient aujourd'hui la bombe; si demain l'Iran l'a également, l'État hébreu verra mécaniquement son champ d'action limité et ne se risquera plus à mener ses "opérations de sécurité" au Liban ou dans d'autres pays sans crainte.
Cet équilibre souhaité par l'Iran peut conduire à tout: aussi bien au pire qu'au meilleur. Israël pourra décider de refuser de perdre ses prérogatives et attaquer, l'Iran pourra trop profiter de son statut de "puissance qui compte" et participer à un embrasement de la région, mais, car il y a un "mais"... On peut tout aussi bien assister à la création d'un durable statu quo, préalable à une "entente cordiale" au Proche et Moyen-Orient.
Les cartes ne sont pas encore toutes révélées, le jeu peut partir dans n'importe quelle direction. Tout dépendra en fin de compte de ce que feront les États-Unis et l'Europe dans une moindre mesure.
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