L'Ipad d'Apple est sans conteste le produit "tendance" technologique de l'année! Surprenant me direz-vous de commencer une chronique de géopolitique par une actualité de ce genre; vous n'auriez qu'à demi-tort.
La mondialisation a ceci de fascinant, et d'effrayant, qu'un nombre conséquent d'événements sont liés et que la moindre altération de l'un d'eux a des conséquences sur le dernier, un peu à l'image de l'"effet papillon".
L'Ipad qui se vent aujourd'hui dans le monde entier, a au départ été pensé aux États-Unis, avant d'être fabriqué en Chine par la société Foxconn, partenaire d'Apple depuis de nombreuses années.
Société peu connue du grand public malgré ses 800 000 employés, Foxconn a pourtant été sous le feu de l'actualité (et des critiques), suite à un nombre élevé de suicides d'employés (11 suicides réussis en 2010, une trentaine de tentatives rien qu’en avril) liés principalement aux conditions de travail harassantes pour satisfaire les commandes d'ipad entre autres.
L'affaire aurait pu s'arrêter là, tant nous sommes habitués à considérer la Chine comme un pays peu respectueux des droits, et qui ne cherche que le profit en mettant en danger la vie de ses citoyens. Pourtant, Foxconn a agi, et ce de sa propre initiative.
Steve Job, le charismatique patron d'Apple, n'avait pas critiqué l'entreprise, la jugeant même "chouette". Foxconn a décidé pourtant d'augmenter de 70% (!) les salaires de ses employés en leur faisant signer dans leur contrat une clause de "non suicide", certains employés s'étant donné la mort pour aider leur famille. En effet, lors d'un suicide, Foxconn paie pendant 10 ans à la famille le salaire du défunt.
Si cette société chinoise s'est empressée d'agir, c'est par crainte de grève massive. Les médias occidentaux ne s'attardent guère, voire occultent ce qui est pourtant une réalité chinoise: de nombreuses grèves éclatent chaque année dans le pays, la raison majoritairement invoquée étant les mauvaises conditions de travail et les bas salaires.
En agissant de la sorte, Foxconn a cherché à éteindre deux feux: l'américain, incarné par Apple qui aurait pu faire jouer la concurrence, et le chinois, incarné par ces employés révoltés qui auraient fait perdre de l'argent à l'entreprise.
L'espoir d'une société plus juste en Chine existe; il est faible et peu médiatisé mais il demeure une réalité irréfragable. La Chine se modernise, rattrape son retard à -trop- grands pas, occultant par moments ce qui fait sa force: sa main d'œuvre. Cette dernière vient de lui rappeler son importance.
Cet irréfragable qui n'en finit pas de nous poursuivre... mais qui finit un excellent article! Merci
RépondreSupprimerJe comptais faire de ce si tendre mot un beau tatouage.
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