Rechercher dans ce blog
mardi 29 juin 2010
Armées publiques / privées: confusion & chaos
samedi 26 juin 2010
Medvedev, Obama: l'iphone, le poulet et l'amitié
mardi 22 juin 2010
Les mafias, une puissance mondiale occultée
lundi 21 juin 2010
Gaza et le premier pas d'Israël
jeudi 17 juin 2010
Le courageux devoir de mémoire anglais
mercredi 16 juin 2010
La mauvaise blague belge
Les résultats électoraux de dimanche dernier ont confirmé ce que beaucoup redoutaient: une très forte poussée de la Nouvelle Alliance, N-VA (Nieuw Vlaamse Alliantie), du très médiatique Bart de Wever, synonyme d'implosion de l'état belge. Il est clair que la victoire de de Wever marque un tournant dans l'histoire belge, mais il faut également rester pragmatique, en dépit de l'emballement médiatique très exagéré.
Contrairement à ce qu'on lit beaucoup dans la presse française, le N-VA n'est en rien un parti d'extrême-droite. A l'inverse du Vlaams Belang, le N-VA est un parti de gouvernement qui respecte les règles démocratiques. Notons toutefois que ses prises de position correspondent parfois à un certain racisme linguistique à l'égard des francophones.
Par ailleurs, la position de de Wever est à présent très délicate. Arrivé au sommet, il ne peut à présent que chuter. Lui qui prône l'indépendance flamande serait sur le point de s'allier avec les socialistes du francophone Elio Di Rupo, dans une coalition plus qu'improbable, tant les deux dirigeants sont différents, aussi bien au niveau politique qu'au niveau personnel. Une telle coalition impliquerait des concessions des deux côtés qui n'auraient pour seule conséquence qu'une désillusion des électeurs. Ces derniers se tourneraient vers des partis extrémistes, avec les risques que l'on imagine aisément.
La situation belge est en vérité révélatrice du mal qui menace l'Europe. Les disparités économiques entre régions d'un même état vont favoriser les partis régionalistes, quasiment tous à droite avec des relents d'extrême-droite. On pourrait ainsi assister à une implosion des états au pouvoir central faible, à l'image de l'Italie par exemple, et à l'émergence de régions puissantes, inclues dans une puissante fédération européenne. C'est d'ailleurs le rêve de de Wever.
L'influence belge en Europe est davantage symbolique que stratégique. Toutefois, son instabilité politique crée une crise qui s'étend au delà de ses frontières territoriales. Le silence de l'Europe est sinon coupable, au moins complice.
Il y a de fortes chances pour que la géographie de l'Europe soit amenée à de profonds bouleversements d'ici quelques années. Pour le meilleur et pour le pire.
lundi 14 juin 2010
Afghanistan, le nouvel eldorado?
vendredi 11 juin 2010
L'Ipad et le paradoxe industriel chinois
L'Ipad d'Apple est sans conteste le produit "tendance" technologique de l'année! Surprenant me direz-vous de commencer une chronique de géopolitique par une actualité de ce genre; vous n'auriez qu'à demi-tort.
La mondialisation a ceci de fascinant, et d'effrayant, qu'un nombre conséquent d'événements sont liés et que la moindre altération de l'un d'eux a des conséquences sur le dernier, un peu à l'image de l'"effet papillon".
L'Ipad qui se vent aujourd'hui dans le monde entier, a au départ été pensé aux États-Unis, avant d'être fabriqué en Chine par la société Foxconn, partenaire d'Apple depuis de nombreuses années.
Société peu connue du grand public malgré ses 800 000 employés, Foxconn a pourtant été sous le feu de l'actualité (et des critiques), suite à un nombre élevé de suicides d'employés (11 suicides réussis en 2010, une trentaine de tentatives rien qu’en avril) liés principalement aux conditions de travail harassantes pour satisfaire les commandes d'ipad entre autres.
L'affaire aurait pu s'arrêter là, tant nous sommes habitués à considérer la Chine comme un pays peu respectueux des droits, et qui ne cherche que le profit en mettant en danger la vie de ses citoyens. Pourtant, Foxconn a agi, et ce de sa propre initiative.
Steve Job, le charismatique patron d'Apple, n'avait pas critiqué l'entreprise, la jugeant même "chouette". Foxconn a décidé pourtant d'augmenter de 70% (!) les salaires de ses employés en leur faisant signer dans leur contrat une clause de "non suicide", certains employés s'étant donné la mort pour aider leur famille. En effet, lors d'un suicide, Foxconn paie pendant 10 ans à la famille le salaire du défunt.
Si cette société chinoise s'est empressée d'agir, c'est par crainte de grève massive. Les médias occidentaux ne s'attardent guère, voire occultent ce qui est pourtant une réalité chinoise: de nombreuses grèves éclatent chaque année dans le pays, la raison majoritairement invoquée étant les mauvaises conditions de travail et les bas salaires.
En agissant de la sorte, Foxconn a cherché à éteindre deux feux: l'américain, incarné par Apple qui aurait pu faire jouer la concurrence, et le chinois, incarné par ces employés révoltés qui auraient fait perdre de l'argent à l'entreprise.
L'espoir d'une société plus juste en Chine existe; il est faible et peu médiatisé mais il demeure une réalité irréfragable. La Chine se modernise, rattrape son retard à -trop- grands pas, occultant par moments ce qui fait sa force: sa main d'œuvre. Cette dernière vient de lui rappeler son importance.
jeudi 10 juin 2010
Et si l'Iran avait la bombe?
Un nouveau coup pour rien? Hier, au Conseil de sécurité de l'ONU, une quatrième vague de sanctions à l'encontre de l'Iran a été adoptée, en dépit du "vote contre" de la Turquie et du Brésil.
Rien de neuf là dedans, et ce d'autant plus que l'accord final est très allégé par rapport à ce qui était prévu au départ, afin de s'assurer les votes chinois et russe. Son impact sur l'Iran sera tout bonnement quasi nul, et digne d'être jeté dans "la poubelle", comme l'a souligné le président iranien Ahmadinejad.
Le vrai débat est ailleurs: pourquoi refuser à l'Iran l'accès à l'arme nucléaire? Certes, ce pays, contrairement à Israël ou l'Inde ou le Pakistan, a ratifié le TNP (Traité de non prolifération nucléaire) et s'est donc engagé à ne pas fabriquer de bombe. Téhéran nie avoir un programme nucléaire mais un faisceau d'indices sérieux laisse supposer le contraire.
Quand bien même l'Iran aurait la bombe, assisterait-on à une guerre nucléaire? Certainement pas. De même qu'il n'y a eu aucune attaque nucléaire entre les deux ennemis que sont l'Inde et le Pakistan, on peut se risquer à affirmer que les choses se passeraient de la même façon pour l'Iran et Israël.
Car nous touchons ici à l'argument majeur en faveur de la non nucléarisation de l'Iran: si ce dernier a la bombe, il anéantira Israël, comme le laisse croire Ahmadinejad dans plusieurs de ses déclarations. Manque de chance, l'argument ne tient pas et ce pour trois raisons:
1. Ahmadinejad est sans aucun doute un illuminé mais il ne détient en aucun cas le pouvoir total. L'influence des religieux iraniens est à considérer au plus haut niveau.
2. En imaginant que l'Iran envoie une bombe sur Israël, outre les moyens de protection dont dispose l'État hébreu, l'Iran se verrait anéanti dans l'heure.
3. La provocation d'Ahmadinejad n'est qu'un subterfuge, l'Iran cherchant en réalité à modifier l'équilibre géopolitique de la région. Seul Israël détient aujourd'hui la bombe; si demain l'Iran l'a également, l'État hébreu verra mécaniquement son champ d'action limité et ne se risquera plus à mener ses "opérations de sécurité" au Liban ou dans d'autres pays sans crainte.
Cet équilibre souhaité par l'Iran peut conduire à tout: aussi bien au pire qu'au meilleur. Israël pourra décider de refuser de perdre ses prérogatives et attaquer, l'Iran pourra trop profiter de son statut de "puissance qui compte" et participer à un embrasement de la région, mais, car il y a un "mais"... On peut tout aussi bien assister à la création d'un durable statu quo, préalable à une "entente cordiale" au Proche et Moyen-Orient.
Les cartes ne sont pas encore toutes révélées, le jeu peut partir dans n'importe quelle direction. Tout dépendra en fin de compte de ce que feront les États-Unis et l'Europe dans une moindre mesure.
mercredi 9 juin 2010
Le socialisme espagnol à l'épreuve de la crise
mardi 8 juin 2010
La Chine et sa "muraille numérique"
lundi 7 juin 2010
Le curieux choix d'Obama...
dimanche 6 juin 2010
Obama, BP et l'opinion américaine.
jeudi 3 juin 2010
Un nouvel espoir en Afghanistan
Et si le président Karzaï était la solution au conflit afghan? La question a de quoi surprendre, tant les critiques à son encontre ont été nombreuses, et bien souvent justifiées. On se souviendra de sa réélection plus que douteuse, ses liens avec le milieu de la drogue par l'intermédiaire de son frère, sa faible lutte contre la corruption qui asphyxie son administration, le peu d'estime qu'ont pour lui la plupart des dirigeants occidentaux, en particulier Obama.
Mais voilà: au pied du mur à cause des alliés, Hamid Karzaï se découvre des talents de rassembleur et de pacifiste dans l'âme. Là où ses soit-disant alliés proposent de multiplier les actions militaires de grande ampleur pour réduire l'influence des Talibans, lui suggère de dialoguer, soutenant que le pays ne pourra se reconstruire durablement sans la participation des Talibans.
C'est ainsi qu'aujourd'hui a eu lieu à Kaboul une «jirga de la paix», une assemblée présidée par le président Karzaï avec pour objectif de rassembler derrière lui les Talibans "modérés", conformément à ce qu'il avait annoncé en janvier lors de la Conférence internationale de Londres sur l'Afghanistan. La réunion s'est bien déroulée, même si elle a été perturbée à plusieurs reprises, les forces de sécurité empêchant des kamikazes de commettre des attentats.
Reste que Karzaï est dans une situation peu enviable: accusé de traîtrise à la fois par les Talibans et les Américains qui le soupçonnent de mener un double jeu, sa mission consiste à chercher un consensus rapidement pour relancer l'économie d'un pays dont les bases sont à reconstruire.
Que peut-on attendre de cette réunion? En vérité, son succès dépend directement de la stratégie des Américains: si ces derniers persistent à mener des actions meurtrières qui font inévitablement des victimes civiles, l'anti-américanisme va être exacerbé et associé à l'image de Karzaï qui laisse agir.
La solution résiderait peut-être dans une action américaine davantage discrète mais plus efficace, en ciblant les principaux chefs liés à Al-Qaeda au lieu de lancer des attaques -trop- médiatiques dans d'immenses zones. Mais la situation est plus complexe, en raison du manque de connaissance de la région et de l'absence de réponse à la question suivante: qu'entend-on par "Taliban modéré"?
Seule une meilleure connaissance des acteurs du conflit parviendra à limiter les dégâts de cette guerre qui n'a que trop duré (9 ans cette année!)
mercredi 2 juin 2010
Crise politique au Japon
C'est un espoir déçu que vient de connaître le Japon. Au pouvoir pendant plus de cinquante ans, le Parti libéral-démocrate avait laissé place l'an dernier au Parti démocrate (PDJ) de Monsieur Yukio Hatoyama. Ce dernier avait axé sa campagne sur la relance de l'économie du pays par un ensemble de réformes ambitieuses, visant aussi bien à rendre plus efficace et moins coûteuse différents organismes comme la poste qu'à présenter des mesures pour le travail des jeunes diplômés et des séniors.
La tâche était dure, trop dure pour le premier ministre Hatoyama qui a présenté sa démission ce matin devant les députés de son parti. Il n'aura tenu que 8 mois à son poste, et devient de ce fait le quatrième premier ministre à démissionner avant la première année de son mandat.
Les scandales liés au financement occulte de campagne, l'absence de résultats concrets pour redresser l'économie du pays, la perte de confiance de la population dans leurs dirigeants, auront eu raison de lui. Le point culminant de son échec aura été la gestion, plus que discutable, de la base militaire américaine située sur l'île d'Okinawa: Hatoyama a préféré céder devant les pressions américaines et renoncer ainsi à une promesse de campagne,en laissant la base à sa place malgré les contraintes qu'elle pose à la population locale.
Tout espoir est-il perdu? Sans doute pas. En démissionnant, Hatoyama donne une seconde et dernière chance à son parti de réformer le pays. En effet, le PDJ va devoir se choisir un nouveau chef qui aura la lourde tâche d'éviter une bérézina aux élections sénatoriales qui auront lieu dans quelques semaines.
Le Japon, avec une Chine toujours plus puissante et soucieuse d'asseoir son influence régionale, ne peut se permettre une nouvelle instabilité politique. il en va désormais de son rôle de grande puissance économique...
mardi 1 juin 2010
De l'art d'informer et de désinformer
Ce n'est pas encore une guerre au sens conventionnel du terme... Peut-être n'y en aura-t-il pas, même si les déclarations turques ne laissent présager rien de bon. Il n'en demeure pas moins qu'une guerre a lieu: celle de l'information, ou plutôt de la désinformation. A l'exception de la presse américaine qui reste focalisée sur la catastrophe en Louisiane, tous les médias internationaux traitent de ce drame, corrigeant, ajoutant, nuançant des informations qui arrivent au compte goutte.
Car là est le problème: les informations sûres, c'est-à-dire vérifiées, recoupées, sont quasiment inexistantes. La vrai question est la suivante: que sait-on vraiment? Le nombre des morts est plus qu'incertain: 9, 10, 19, les chiffres varient entre le matin et l'après-midi. On ne sait pas précisément qui composait l'équipage de la flottille, quels ont été les prémices de ce coup de force des associations pro-palestiniennes... On pourrait énumérer les interrogations encore longtemps.
Le doute, la suspicion, les rumeurs sont dangereuses pour un État: Israël sait que son opération a été un fiasco, qu'elle a sans doute été mal préparée par ailleurs; il cherche à présent à limiter les dégâts en investissant davantage le champ médiatique, en montrant des vidéos où ses soldats sont pris à partie de façon violente par les membres des bateaux par exemple pour justifier ses actes. Le but officieux est de créer une sorte de "relativisme de l'information", avec pour principal motif de subir des sanctions.
Il est trop tôt pour dire si cet événement constitue un tournant dans le conflit au Proche-Orient, le jeu des différentes parties n'étant que partiellement dévoilé. Cependant, tout est possible dans cette région; le souvenir de la poudrière des Balkans revient à l'esprit